11.04.2008

Pour un Congrès utile et serein : comment participer?

Chers amis,

L'initiative intitulée « Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ? » a lancé le mouvement d'une vaste consultation participative, destinée à préparer les échéances qui attendent le Parti socialiste. Je suis heureuse aujourd'hui de vous annoncer l'ouverture du site qui servira de support à la consultation, congresutileetserein.com.

Ce site est un espace de débat ouvert, structuré autour des dix questions posées par les premiers co-auteurs de l'initiative. Il accueille les contributions de toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer au renouvellement des idées à gauche, militants et sympathisants du Parti socialiste, citoyens engagés dans le mouvement syndical ou associatif, élus et intellectuels.

La consultation aboutira au début du mois de juillet à la rédaction d'un texte élaboré de manière participative. Pour tenir ce calendrier serré, il est important que vous envoyiez vos contributions personnelles ou vos comptes-rendus collectifs d'ici au 7 Juin (contact@congresutiletserein.com). Les synthèses seront mises en ligne sur le site à partir de la deuxième semaine de juin.

Je compte sur votre mobilisation pour cette étape essentielle à la construction d'un Parti socialiste fort, porteur d'un projet crédible et capable de faire renaître l'espoir chez nos compatriotes. Je souhaite que partout en France et notamment dans vos sections, vous soyez les fers de lance d'une réflexion porteuse de joie et d'avenir.

Amitiés,

Ségolène Royal

--

Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association Désirs d'avenir:
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion

Si vous souhaitez soutenir l'association Désirs d'avenir:
http://www.desirsdavenir.org/pdf/bulletin.pdf

22.01.2008

Un message de Segolene Royal

Chers Amis,

Après Saint-Brieuc samedi dernier, ville où Danielle Bousquet est en campagne, je me suis rendue hier à Strasbourg aux côtés de Roland Ries. Là encore, l’atmosphère était très chaleureuse ; et là encore, j’ai vu un parti socialiste en ordre de bataille, pleinement mobilisé pour reprendre la ville à la droite.

À cette occasion, nous avons tous deux déploré les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy. Car avec lui, plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent. Après avoir traité de l'économie solidaire dans un restaurant coopératif, nous avons rappelé l'absence de baisse du chômage, qui ne cesse de toucher très fortement les jeunes.

Nous avons également mis en cause le recul de l'État sur les solidarités essentielles, avec en particulier l'instauration des franchises médicales. Dans le quartier sensible du Neuhof, Roland Ries m’a fait rencontrer une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère : magnifique initiative, source de sociabilité et de convivialité, dans un quartier délaissé par l’équipe municipale en place. Merci aux bénévoles, aux animateurs, aux travailleurs sociaux d’entretenir ainsi l’espoir !

Avec des personnes âgées, nous avons participé à un thé dansant qui se tenait dans le quartier Hautepierre : j’ai senti le mécontentement de beaucoup contre un gouvernement qui avait promis d’augmenter le minimum vieillesse et les petites retraites, et qui n’a encore rien fait. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ferait une lecture nationale des résultats aux élections locales. Face à la politique du pire, nous devons donner lui un bon avertissement en votant massivement pour les candidats de la gauche !

Dans la matinée, je m'étais rendue sur le site de Sony France à Ribeauvillé, dans le Haut Rhin, où 230 emplois sur 719 sont menacés. Les salariés sont frappés par leur cinquième plan social en l’espace de quelques années, résultat d’un manque complet d’anticipation des mutations industrielles.

A la fin des mes entretiens avec les syndicats et la direction, je suis sortie de l’usine où m’attendait une centaine d’ouvriers. La presse, qui n’avait pas eu l’autorisation d’entrer, a calmement forcé le barrage et pu rencontrer les salariés du site.

J’ai rappelé les exigences suivantes : la France devait enfin se doter d’une véritable politique industrielle, notamment en matière de sous-traitance ; il n’y aurait pas de fatalité à la désindustrialisation si tout était fait pour pousser les entreprises à innover et anticiper ; il fallait que l’Europe trouve les moyens de se protéger et de s’organiser ; enfin, la formation tout au long de la vie ne devait pas rester une incantation, mais devenir une réalité !

Merci à tous ceux qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse et qui m’ont accordé leur confiance ! Je leur souhaite bon courage dans leur lutte ! Je suivrai ce dossier attentivement et écrirai dans les prochains jours à la direction de Sony-Europe.

¤¤¤

Dans le train du retour, j’ai appris en lisant le journal Le Monde que la France allait installer une base navale à Abou Dabi, en face des côtes iraniennes. C'est une décision lourde de sens qui a été prise en catimini par le chef de l'État, sans débat au Parlement, en nous plaçant devant le fait accompli.

Quel signal souhaite ainsi envoyer Nicolas Sarkozy ? Cherche-t-il à être le meilleur élève de la « classe Atlantique », au moment où le Royaume-Uni fait entendre sa différence ? Cherche-t-il à provoquer sciemment l'irréversible en créant les conditions d'une montée des extrêmes dans la région ? Comment justifier ces positions « bottées » au moment où il dissémine les centrales nucléaires un peu partout au Moyen-Orient ? Où est la cohérence ?

La fermeté face à l'Iran est une nécessité. J'ai été la première à avertir des dangers de la politique d'enrichissement d'uranium menée par Téhéran. Mais cette fermeté doit être efficace et ne pas conduire à l'escalade, ainsi que l'ont compris aussi bien les candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine que l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker.

L'Iran doit se conformer à ses obligations internationales, mais jamais la politique du « bâton » n'a réussi à créer les conditions de la sécurité et de la stabilité. Plutôt que de se lancer dans une surenchère suiviste de G. W. Bush, la France doit faire entendre la voix de la raison et proposer à l'Iran les voies d'une sortie par le haut.

Il est encore temps d'éviter le pire : offrir à l'Iran de s'intégrer pacifiquement à la communauté internationale, ainsi que le préconise le rapport Baker. Et puisque le président de la République est prêt à « discuter avec tout le monde » (Vladimir Poutine, Mouammar Khadafi, le roi Abdallah etc...), qu'il aille à Téhéran avant qu'il ne soit trop tard, ainsi que Nixon l'avait fait avec la Chine !

À très bientôt,
Amicalement,

Ségolène Royal




Le déplacement à Colmar
http://socialistes.canalblog.com/


Le 19-20 de France 3
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b67a_1920

Visite de l'usine SONY
http://www.lalsace.fr/




Vous trouverez ci-dessous la liste de mes prochaines échéances :

Je suis invitée au Grand Jury RTL dimanche 20 janvier, de 18H30 à 19H30, et à l’émission de Michel Drucker Vivement Dimanche le 27 janvier.

Je poursuis mes déplacements dans les villes où les candidats socialistes en campagne ont sollicité ma présence : Tours le 24 janvier, Chartres le 25, Argenteuil le 30, Villeurbanne et Vaulx-en-Velin le 14 février.

Je profite de l’occasion pour vous signaler un déplacement aux Etats-Unis la première semaine de février, à l’invitation de Philippe Aghion, professeur d’économie à l’Université Harvard. Je vous en reparlerai très prochainement !

03.01.2008

En route pour de nouveaux défis

FRANCE 2 - LES 4 VERITES – Le 03/01/2008 – 07 :47
Invitée : Ségolène ROYAL, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes


Thierry BECCARO
07h47, TELEMATIN, voici « Les 4 vérités ». Jeff WITTENBERG reçoit aujourd'hui Ségolène ROYAL, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes. Bonjour.

Jeff WITTENBERG
Bonjour à tous et en effet, bonjour à vous, Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL
Bonjour.

Jeff WITTENBERG
C'est votre première intervention d'importance en 2008, merci de la réserver à FRANCE 2. Alors, on sait le vœu que vous aviez formé pour 2007, devenir présidente de la République. En 2008, qu'est-ce que vous aimeriez que l'on vous souhaite, en ce début d'année ?

Ségolène ROYAL
D'abord, moi, je voudrais, en 2008, que la France avance, et qu'elle avance avec tout le monde et pas seulement avec quelques-uns, ceux qui peuvent s'en sortir, et je souhaite aussi que la France puisse consolider les garanties fondamentales de chacun, c'est-à-dire se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école, recevoir le juste salaire de son travail ou avoir une couverture sociale lorsque l'on est âgé et que l'on a aujourd'hui des retraites en dessous du minimum vital. Voilà ce que je souhaite pour la France.

Jeff WITTENBERG
Vous faites des vœux pour les autres, mais pas pour vous, personnellement, dans cette année.

Ségolène ROYAL
Moi, je suis au service, d'abord, de la gauche, de la France aussi, parce que j'ai une responsabilité en tant qu'ancienne candidate à l'élection présidentielle, qui ai soulevé beaucoup d'espoir, qui ai reçu beaucoup d'amour, qui en ai aussi beaucoup donné au peuple français et bien sûr en cette année je compte aller jusqu'au bout de ce que j'ai entamé, au cours de cette campagne présidentielle, pour rénover la gauche.

Jeff WITTENBERG
On va y revenir. Tout d'abord, on va évoquer les vœux, d'autres vœux, ceux du président de la République, de Nicolas SARKOZY, qui a dit, lui, que tout ne peut pas être réglé en un jour, une manière de dire que tous les résultats, effectivement, ne peuvent pas être… aboutir, plutôt, en sept mois, avec un Baril de pétrole à 100 $, comme on l'a vu hier ; est-ce que vous lui accordez, au moins, des circonstances atténuantes ?

Ségolène ROYAL
Non, parce que chacun savait que le Baril de pétrole atteindrait ce prix là, il est le prix, d'ailleurs, pour tout le monde. D'autres pays européens réussissent…

Jeff WITTENBERG
C'est un frein à la croissance, quand même.

Ségolène ROYAL
D'autres pays européens, malgré ce handicap, arrivent à avoir de la croissance et surtout à bien répartir les fruits de la croissance, donc il fallait anticiper. Aujourd'hui, le Grenelle de l'environnement n'a eu aucune concrétisation, par exemple comment se fait-il qu'aujourd'hui encore, en France, il y ait des permis de construire qui soient délivrés sans l'obligation d'intégrer les énergies renouvelables ? Voilà par exemple, ce que je fais dans la région que je préside, aujourd'hui j'ai 5 lycées chauffés au bois et donc il y a des façons de faire, des façons d'anticiper, il n'est pas trop tard, mais il faut que le Grenelle de l'environnement se traduise par des effets concrets pour justement contrecarrer la hausse du prix du pétrole. C'est une chance, si on le veut, la hausse du prix du pétrole, parce que ça permet aussi le développement de, enfin, de nouvelles technologies propres.

Jeff WITTENBERG
Sur les vœux du président, une expression a retenu l'attention, il parle d'une « politique de civilisation ». Vous, vous ne la goûtez pas spécialement, cette formule, en tout cas dans la bouche de Nicolas SARKOZY. Pour quelle raison ?

Ségolène ROYAL
Ecoutez, voyez, je vous ai apporté, parce que je crois que ça n'a jamais été montré, ce plagia, c'est-à-dire « Une politique de civilisation », c'est une très belle expression, qui est une expression d'Edgar MORIN, dans un dialogue avec Sami NAÏR, Edgar MORIN qui est un grand, un des plus grands intellectuels français, qui explique dans ce livre, que la politique doit toujours être globale, c'est-à-dire on ne peut pas dire aux Français « débrouillez-vous individuellement ». Il ne peut pas, dit-il, y avoir de croissance économique sans justice sociale.

Jeff WITTENBERG
Mais ça, Nicolas SARKOZY ne dit pas le contraire.

Ségolène ROYAL
Si, il fait le contraire, c'est ça la différence. Il fait le contraire, c'est-à-dire qu'il pense, et on le voit dans ce qu'il propose sur la politique sociale, il dit aux Français : « débrouillez-vous dans vos entreprises » par exemple pour avoir le paiement des heures supplémentaires, ou « remettez en cause les 35 heures, entreprise par entreprise », alors qu'une politique de civilisation exige au contraire que l'homme soit pris dans sa globalité, c'est-à-dire qu'il ne faut pas fragiliser le contrat de travail si l'on veut au contraire que les entreprises soient performantes, qu'il ne peut pas y avoir de croissance économique en creusant les inégalités, mais bien au contraire. Or, aujourd'hui, on a quoi ? On a la croissance des inégalités, sans la croissance économique. Et ce que dit Edgar MORIN dans « La politique de civilisation », c'est que tout se tient, que l'un ne va pas sans l'autre, que si l'on touche au contrat de travail, ou que si l'on donne de la flexibilité, ou de l'agilité aux entreprises, en contrepartie, au contraire, il faut sécuriser les salariés pour qu'ils soient bien motivés dans leur travail.

Jeff WITTENBERG
Ségolène ROYAL, vous avez évoqué il y a un instant, les questions d'environnement. Aujourd'hui même, on l'a dit dans les journaux, José BOVE entame une grève de la faim pour demander un moratoire sur les cultures OGM. Le gouvernement a annoncé pourtant un gel, notamment du fameux MONSANTO 810, le maïs transgénique incriminé. Vous approuvez, quand même, José BOVE, dans sa démarche, grève de la faim ?

Ségolène ROYAL
D'abord, le gouvernement n'a pas tenu sa parole, il avait promis un moratoire des OGM, ça n'a pas été fait. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la pression, en effet, des grandes firmes capitalistiques, multinationales, comme MONSANTO. Geler l'hiver, ça n'a aucun sens, puisqu'on ne sème pas l'hiver et donc José BOVE exige que la parole soit tenue, tout simplement et…

Jeff WITTENBERG
Donc vous approuvez sa grève de la faim.

Ségolène ROYAL
Mais bien sûr. Mais bien sûr.

Jeff WITTENBERG
Vous le soutiendrez, éventuellement, vous irez le voir ?

Ségolène ROYAL
Vous savez, il y a en Europe 17 régions, dont la mienne, qui ont décrété, déjà il y a trois ans, le moratoire des OGM. Pourquoi ? Parce que ça porte atteinte à la santé publique, donc ce que je demande c'est le moratoire sur les OGM et la publication, c'est-à-dire la transparence, de toutes les études qui montrent, qui démontent les problèmes d'impact des OGM sur la santé publique et sur l'agriculture.

Jeff WITTENBERG
Vous irez voir José BOVE, vous irez le soutenir dans sa…

Ségolène ROYAL
Mais pourquoi pas ? Vous savez, ce n'est pas la première fois que je le soutiens et je pense que, qu'il y ai des hommes, comme ça, qui s'engagent très fortement, pour qu'il y ait une morale en politique et que la parole soit tenue et qu'en plus sur des sujets de société majeurs qui concernent la santé publique, eh bien je crois que c'est bien, que c'est courageux et que ça mérite d'être soutenu.

Jeff WITTENBERG
L'agenda social est chargé, les 35 heures pourraient être réformées, selon le gouvernement, ainsi que le contrat de travail que le gouvernement souhaite voir évoluer. Sur ces questions, vous donnez peut-être un gage, disons vous demandez à voir ce que va faire le gouvernement ? On sait par exemple que les 35 heures, vous avez toujours eu un discours assez mesuré, disons que ce n'est pas toujours un progrès. Qu'en est-il, aujourd'hui ?

Ségolène ROYAL
Il faut faire des réformes, là-dessus je n'ai jamais eu de discours ambigu. Il faut faire des réformes, mais il faut les faire correctement. Moi, j'ai été très étonnée dans le discours de Nicolas SARKOZY, lorsqu'il a décrit l'exaspération des Français. C'est quand même étonnant. Il a été élu, précisément, non pas pour décrire l'exaspération, des Français, pour la constater, mais pour y mettre fin. Aujourd'hui, il est le président de l'exaspération. Et sur l'agenda social, eh bien reprenons la politique de civilisation, c'est-à-dire que tout se tient, on ne peut pas toucher au contrat de travail, c'est-à-dire mettre en œuvre un projet comme celui qui est imaginé, de rupture à l'amiable, d'un contrat de travail, sans prévoir l'intervention d'un médiateur ou d'un juge qui va vérifier qu'il n'y a pas eu la loi du plus fort sur la loi du plus faible. On ne peut pas dire aux salariés : « débrouillez-vous tout seuls sans vos entreprises pour négocier les 35 heures ». Donc, là aussi, il faut une approche globale, c'est-à-dire à la fois des initiatives individuelles, parce que je crois que les libertés individuelles, la responsabilité individuelle, sont importantes, mais des garanties collectives et des sécurités collectives qui, elles, sont aujourd'hui dangereusement fragilisées.

Jeff WITTENBERG
On va parler de Ségolène ROYAL, auteur. Votre livre : « Ma plus belle histoire, c'est vous », se vend très bien, je crois, 120 000 exemplaires, m'avez-vous dit. Comment vous expliquez ce succès ? Que cherchent vos lecteurs, selon vous ? Comprendre pourquoi vous n'avez pas gagné ou savoir, ce qui est peut-être le plus important, ce que vous allez faire maintenant, parce que ça c'est quand même le grand mystère ?

Ségolène ROYAL
Oui, je suis très contente de ce grand succès. Je crois que ce que demandent, ce qu'attendent les lecteurs de ce livre, c'est de comprendre, peut-être de revivre aussi des évènements très forts et très denses de cette campagne, avec un échange affectif très fort…

Jeff WITTENBERG
Et l'avenir, alors, madame ROYAL, vous êtes…

Ségolène ROYAL
Et l'avenir aussi. Bien sûr…

Jeff WITTENBERG
Vous aviez dit en décembre : « Je dirai en janvier ce que je vais faire, si je prends, si je m'intéresse ou non à la tête du PS ». Alors, on est en janvier et j'ai envie de vous dire : « alors, qu'est-ce que vous avez décidé ? »

Ségolène ROYAL
Ce que je peux vous dire, en tout cas très simplement et avec beaucoup de détermination, c'est que je sens qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes qui, en effet, se tournent vers moi et se demandent comment est-ce que l'on peut collectivement faire en sorte que les idées du Parti socialiste soient rénovées. Le Parti socialiste s'y est d'ailleurs attelé, dans plusieurs forums, mais moi j'ai bien l'intention de m'engager à fond, de servir à fond à la fois le Parti socialiste, en m'y impliquant totalement. Les élections municipales, aussi, qui sont là, qui sont l'occasion de dire beaucoup de choses et notamment sur la conception de la politique et sur la démocratie participative, au quotidien, et sur l'efficacité de la politique, je crois que c'est ça qu'attendent les Français.

Jeff WITTENBERG
Madame ROYAL, vous y impliquer totalement, ça peut vouloir dire que vous pourriez concourir au poste de Premier secrétaire du PS qui va être vacant dans quelques mois ?

Ségolène ROYAL
Il faut d'abord réussir les étapes précédentes. Si je réussis les étapes précédentes, c'est-à-dire en effet mobiliser beaucoup d'intelligence, comme je le fais en ce moment, pour continuer à bouger les lignes politiques, tel que je l'ai fait pendant la campagne présidentielle, avoir la capacité de faire une offre politique qui montre comment on peu résoudre aujourd'hui les problèmes qui se posent, en France, sans, je l'ai dit tout à l'heure, déconnecter d'un côté la croissance, de l'autre les inégalités, montrer que tout se tient et avoir des réponses structurées et donc faire en sorte que l'on puisse rassembler les socialistes…

Jeff WITTENBERG
Si les conditions sont réunies, qu'est-ce que vous ferez, alors ?

Ségolène ROYAL
Oui, plus définir ce qui est aujourd'hui une nouvelle force politique à gauche, eh bien si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, à ce moment-là j'irai jusqu'au bout de cette démarche.

Jeff WITTENBERG
Je vous remercie. Très bonne journée à vous, Ségolène ROYAL. C'est à vous Thierry, et merci. Bonne journée.

Thierry BECCARO
Merci beaucoup. Bonne journée.

13.10.2007

Ségolène Royal, le retour

Les éditos de Marianne

Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

Il y a des signes qu'il faut savoir lire, des présages que l'on doit décrypter parce qu'ils font sens et annoncent l'avenir. Ainsi, alors que Ségolène Royal paraissait responsable et coupable de tout ce qui n'allait pas à gauche, alors même qu'elle était accusée par tous les pères nobles comme Jospin d'être un porte poisse, une personnalité secondaire, une mystique délirante ; alors même encore qu'elle avait multiplié les fausses manœuvres, les tartarinades et les atermoiements, alors qu'elle semblait « out », elle redevient « in ».

Il semblerait que la situation se renverse en sa faveur. C'est en effet ce que laisse entendre par exemple l'essayiste aronien Nicolas Baverez qui, après l'avoir beaucoup combattu pendant la campagne présidentielle, parle d'elle comme « d'un atout » et constate dans le dernier numéro du Point qu'« elle est une alternative crédible à Nicolas Sarkozy pour peu qu'elle renonce à « mimer Blandine dans l'arène face aux éléphants », « qu'elle abandonne ses pratiques de gourou de l'ordre du Temple ségolènaire et qu'elle mobilise ses forces de gauche autour de la redéfinition du socialisme ». Voilà un intellectuel de droite qui la défend, mais il y a aussi un intellectuel de gauche, Bernard-Henri Lévy, strauss-khanien de cœur mais qui est devenu son conseiller après l'avoir combattu et qui, contrairement à d'autres, ne la lâche pas aujourd'hui. Il s'en faut, puisque Lévy s'en prend au contraire à Jospin qui avait voulu lui faire porter le poids de l'échec et la disqualifiait pour 2012. Le philosophe bat aujourd'hui les estrades médiatiques en répétant qu'elle a été une « bonne candidate », que sa campagne a été piégée, « sabotée de l'intérieur » également mais qu'elle pourra être encore meilleure lors de la prochaine échéance. Si elle sait dépasser, transcender les contradictions internes de la gauche. Enfin, sort en librairie un premier livre de l'intérieur du PS qui défend Ségolène Royal alors que les précédents l'accablaient. Il est écrit par Patrick Menucci, son ex-directeur adjoint de campagne et s'appelle tout simplement « Ma candidate ». Menucci qui est un sudiste sympathique la rend très sympathique, jusque dans ses hésitations et maladresses. Il renvoie les principales fautes de campagne sur le PS et inscrit la rénovation urgente dans la foulée élégante et décidée des thèmes qu'elle a soulevés : le rapport à l'autorité et à la justice sociale.

Non, Ségolène n'est donc pas toute seule, même si elle a été beaucoup lâchée par des dirigeants socialistes qu'agacent sa manière trop solitaire de travailler, ainsi que ses incertitudes sur la stratégie à suivre. Il reste quelques fidèles, et surtout un lien avec les Français qui n'a pas été coupé. Les sondeurs parlent d'un stock d'électeurs intact. Ceux qui ont voté pour elle ne le regrettent pas. On le constatera dans une enquête CSA que publie Marianne samedi. Non seulement les Français de gauche ne manifestent que peu de regret de leur royalisme mais ils se déclarent près à récidiver en 2012. Et ce sont ceux qui comptent symboliquement dans la bataille interne, les ouvriers et les employés, les classes modestes qui se montrent les plus royalistes, appréciant tout particulièrement son ouverture, son dynamisme, sa modernité, même si son déficit de compétences et de présidentialité demeure patent. Les femmes d'ailleurs se montrent plus sévères que les hommes. A l'inverse, DSK dispose de ces atouts de stature qu'il a encore renforcée grâce à son élection à la tête du FMI. Mais il demeure surtout le meilleur candidat de gauche… pour la droite. Alors que Bertrand Delanoë sur son petit vélo réalise une jolie percée dans la cote de popularité. Mais il n'est pas encore vu comme prêt pour la présidentielle face à Ségolène Royal qui, elle, a déjà disputé cette course. Il y a ceux qui ont couru le marathon et les autres. Même si elle a perdu, ça ne la disqualifie pas. Au contraire. Il reste à savoir comment elle aura digéré son échec.

Certains ne se sont jamais remis de semblable défaite comme Balladur et Barre. Même ceux qui ont rebondi ont mis du temps. Chirac a été, après 1988, plus d'un an en dépression. Mitterrand est reparti au feu immédiatement mais a porté le deuil intime de l'échec, du rejet près de sept ans, jusqu'à sa revanche contre Giscard. Ceux qui ne sont jamais revenus de cet enfer sont ceux qui n'étaient pas des politiques, qui n'avaient pas de parti. Ségolène Royal, elle, se veut fille de Mitterrand, non point par l'ADN mais par la guerre. Elle serait née sur les champs de batailles avec lui. Et on devrait le voir en novembre avec la sortie de son livre où elle suivrait sa pente, jure-t-elle, en la remontant. En remontant à la tête du parti dont elle sait désormais qu'il lui faut le contrôler jusqu'aux cheveux !

Jeudi 11 Octobre 2007 - 16:39
Nicolas Domenach

03.10.2007

En campagne pour les primaires sénatoriales socialistes

Bonjour à toutes et à tous

A compter de ce jour, je m´engage dans la campagne des primaires pour la désignation des candidats socialistes pour l´élection sénatoriale de 2008. La Fédération des Francais de l´étranger du Parti Socialiste a en effet décidé d´organiser des primaires pour la désignation de ses candidats. C´est une initiative à saluer, et l´instauration d´une démocratie plus participative est clairement un signe de renouveau.

Ayant participé activement á la dernière campagne présidentielle, à la fois au sein du PS et dès les premiers jours de Désirs d´Avenir, pour lequel nous avions animé avec Dominique Méda le premier débat participatif à Paris (sur le modéle social), je ne peux que me féliciter de cette décision. Et si j´ai décidé de me porter candidat pour cette primaire innovante, c´est pour porter les idées qui me tiennent à coeur, celles qui doivent faire le Parti Socialiste de demain, celles que notre candidate Ségolène Royal a ébauchées au cours de sa campagne présidentielle, et que je développerai sur mon blog de campagne dans les semaines qui viennent.

Je serai donc moins présent sur ce blog, que je reprendrai ensuite, mais merci de consulter désormais pour suivre la campagne mon site de campagne:

http://alainlefebvre.blogspirit.com/

Alain LEFEBVRE

03.06.2007

Camarade et fier de l'être

Ce témoignage, paru sur le blog de Désirs d´Avenir Les Ulis (pour y accéder,cliquer ici), dû à notre camarade Marc Victor, reflète ce que je pense, ce que des millions d´entre nous pensent. Cette contribution est dédiée à tous ceux qui sont tentés par l´aventure du MODEM, à ceux de nos ex-camarades entrés au gouvernement ou qui s´apprêtent à le faire., et surout à tous ceux qui se sentent découragés aujourd´hui)

Il y a, et c’est normal, quelques états d’âmes au sein du parti socialiste après la présidentielle.

Serait il désuet d’être socialiste, dans une société ou seule compte la performance individuelle, toute notion d’organisation collective et de solidarité devrait elle être bannie ?

Devrions nous rester sourd à la misère humaine parce que pour beaucoup d’entre nous, la société capitaliste apporte malgré tout un certain confort de vie ?

Sans parler de ceux qui brassent des millions et qui n’auront jamais de soucis autres que métaphysiques dans la vie, il faut bien reconnaître que la lutte des classes n’a guère de sens dans une société où par exemple un salarié de grande entreprise possède par le biais de la participation des parts de son entreprise, dans une société où celui qui a acheté un bien immobilier il y a vingt ans se retrouve en possession d’un bien qu’il ne pourrait plus acheter aujourd’hui tant la spéculation sur l’immobilier est forte, mais qui du coup a l’impression d’être un privilégié. On nous fait croire que nous sommes tous des privilégiés, d’être en CDI et pas en CDD, d’être en CDD et pas au chômage, bref, par ce ressort on cloisonne, on exclu, on individualise les problèmes. Si vous êtes chômeur, c’est que soit vous êtes incompétent, soit fainéant, soit que vous le voulez bien. Si vous êtes travailleur précaire, sachez donc vous contenter de ce travail qu’on condescend à donner à l’incapable que vous êtes, mesurez votre chance. Si vous êtes en CDI, sachez donc apprécier ce privilège et regardez donc ceux qui attendent dehors, le regard envieux d’être à votre place. Vous avez créé une PME, vous en bavez pour assurer votre chiffre d’affaire, garder une dimension humaine quand on vous pressure pour produire moins cher et innover pour des groupes pachydermiques qui ne savent plus créer que des business plan et du slideware sous PowerPoint afin de rémunérer les actionnaires et les banquiers du nième LBO ? Soyez heureux, vos angoisses et vos sueurs profitent aux Suard et autres Tchuruk. Tous des privilégiés vous dis je.

Vous faites partie de la grande famille des privilégiés, les retraites chapeau, les rémunérations à millions sont celles des plus méritants d’entre nous, une société se doit de récompenser les meilleurs, dont vous faite bien entendu parti, d’ailleurs, quelle différence entre la soie et l’acrylique, entre les œufs de lumpe et le caviar ?
Et puis, c’est scientifique, en jouant au loto, vous avez une chance d’avoir une magnifique retraite chapeau…
Chacun a sa chance, il suffit de se donner de la peine.

Pierre Bourdieu n’a écrit que des bêtises, par exemple, dans « les Héritiers » :
« Si l’école aime à proclamer sa fonction d’instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer et donc dans une certaine mesure, de perpétuer les inégalités de chance devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu’elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérite ou en « dons » personnels. »
Et puis ne doutez pas, vous êtes, nous sommes les meilleurs, venez donc éructer dans les stades pour soutenir Marseille ou le PSG, dans une compétition saine, ou devant la télé pour développer votre muscle Kronembourg dans l’esprit du sport, enfin un endroit où l’argent n’est pas roi…Mais Dieu. Fini l’Olympe vive Ploutos.

Bref, la gauche c’est dépassé, la misérable morale judéo-chrétienne aussi.

J’ai rencontré Gilbert aujourd’hui, il m’a dit « bonjour camarade ». C’est has been Gilbert, on est complètement has been. Pourtant c’est con, j’ai bien aimé que tu me dises « bonjour Camarade », parce que derrière ce salut amical, il y a notre histoire, l’histoire du mouvement social, un clin d’oeil à nos anciens qui se sont battus pour que les enfants ne travaillent plus à la mine, pour se reposer le dimanche, pour avoir des conditions de travail simplement décentes, pour arracher la première semaine de congés payés en 1936, pour permettre aux femmes de voter. Etre socialiste, c’est refuser l’obscurantisme, c’est une continuité du siècle des lumières et de la révolution Française, c’est l’abolition des privilèges et cette merveilleuse idée que les hommes naissent libres et égaux en droit.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est pour moi le fondement du socialisme et de la république :

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que leurs actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.
En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.
Art. 1er. -
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art. 2. -
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Art. 3. -
Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Art. 4. -
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Art. 5. -
La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Art. 6. -
La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Art. 7. -
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Art. 8. -
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Art. 9. -
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Art. 10. -
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.
Art. 11. -
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Art. 12. -
La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Art. 13. -
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Art. 14. -
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Art. 15. -
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Art. 16. -
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.
Art. 17. -
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Relisez bien tous ces articles, vous constaterez avec stupeur que le gouvernement actuel est en marche pour les bafouer.

Le 21 Novembre 1893 Jean Jaurès prononce à l’assemblée un discours que je trouve brûlant d’actualité :
M. Jaurès: Vous avez fait la République, et c’est votre honneur; vous l’avez faite inattaquable, vous l’avez faite indestructible, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et l’ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction.

Monsieur Goblet : - Très bien !'

M. Jaurès: Dans l’ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé; dans l’ordre économique la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies et entre parenthèses, monsieur le président du Conseil, il ne suffisait pas de dire à la Chambre ce qu elle sait amplement sans vous, que la question de la Banque de France se posera devant elle; il fallait lui dire de quelle façon le gouvernement entendait qu’elle fût résolue (Applaudissements à l’extrémité gauche et à l’extrémité droite de la salle)
Oui par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres; mais au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique il est dans 1’ordre économique, réduit à une sorte de servage.
Oui ! Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier. Son. travail n’est plus qu'une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré…
Il est la proie de tous les hasards de toutes les servitudes et, à tout moment ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue.
Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République. politique doit aboutir à la République sociale, c'est parce qu'il veut que la République soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici, c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique pour briser les, privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. …
Et puis, vous avez fait des lois d'instruction. Dés lors, comment voulez-vous qu’à l'émancipation politique ne vienne pas s'ajouter, pour les, travailleurs, l'émancipation sociale. quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle? Car vous n'avez pas voulu seulement que l'instruction fût universelle et obligatoire; vous, avez voulu aussi qu'elle fût laïque, et vous avez bien fait. …


Primo Levi disait ceci « quiconque ignore son passé est condamné à le revivre »
Nous autre socialistes, avons un devoir de mémoire, face à la nuit qui revient, plus raffinée et perverse, plus manipulatrice.
Le progrès économique et social doit être partagé, l’émancipation de l’homme vis-à-vis du travail vivrier est loin d’être terminée, d’autres problèmes, notamment écologiques, se posent gravement à cause du productivisme insensé et de l’absence d’un contre pouvoir citoyen à la frénésie financière.

Socialistes, nous refusons le fatalisme.
Socialistes, nous croyons à la liberté et à l’émancipation de l’homme, nous refusons l’oppression et la barbarie des systèmes totalitaires.
Socialistes, nous croyons que le progrès scientifique est un outil formidable pour nous dégager des contraintes vivrières et permettre à tout homme sur cette planète de vivre décemment.
C’est notre honneur et notre devoir de douter, notre rôle d’être un laboratoire d’idée, de comprendre les mutations sociales, de nous moderniser, mais sans renier nos valeurs universelles.
Alors, je suis heureux et fier d’être de la famille socialiste, celle de Jaurès, de Mendès France,
celle de tous mes camarades.

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade
Pour qu'il revive à jamais
Se marient cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai


Jean Ferrat


Marc Victor, militant socialiste