16.12.2007
Le Munich de l´écologie, de Paul Ariès
Une fois n´est pas coutume, pour nourrir le débat de Désirs d´Avenir, un texte d´un blog ami, No Parsaran (http://nopasaran.samizdat.net/sommaire.php3), mais différent dans ses conceptions de la politique: Il n´empêche, beaucoup de textes de ce blog sont de qualité et Paul Ariès, co-organisateur du contre-Grenelle de l’environnement, rédacteur à La Décroissance, directeur de la rédaction du Sarkophage, a écrit clairement ce que nous pressentions, tous. A lire absolument
Dossier Pour un autre Grenelle de l’environnement
Nicolas Sarkozy parle de « révolution verte ». Le patronat français, Medef et CGPME, se déclare grandement satisfait. Les syndicats, par la voix de François Chérèque saluent un processus positif. Corine Lepage (Modem et Cap 21) est aux anges. Le parti socialiste applaudit les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. L’Union européenne se dit comblée par la voix de son Président. Al Gore a passé commande d’un Grenelle mondial à Sarkozy. Preuve que la vison sarkozyenne de l’écologie est bien « mondialement compatible » sans rien changer à la puissance des grands groupes et aux logiques économiques dominantes. Preuve une fois de plus que le sarkozysme est la version française de la révolution conservatrice mondiale qui balaie la planète depuis les années quatre-vingt. Nous avions donc raison de dire lors du contre-Grenelle de l’écologie le 6 octobre à Lyon que si le Grenelle sera sarkocompatible, le sarkozysme n’est pas, lui, écolo-compatible.
Munich de l’écologie politique car l’idée qu’une « Union sacrée » soit possible autour du sarkozysme sous le prétexte de la défense de l’environnement a finalement triomphé. Comme si l’écologie n’était pas une affaire de choix de société avec nécessairement des perdants et des gagnants : la grande question étant de savoir qui des pauvres ou des riches paiera la crise écologique.
Munich de l’écologie politique car il impose l’idée qu’on pourrait obtenir des avancées sans constuire d’abord un rapport de force face à la puissance des lobbies économiques et nucléocrâtes.
Ce Grenelle de l’environnement est une défaite de l’écologie que nous paierons très cher. Il retarde le moment où il faudra bien apprendre à vivre mieux avec beaucoup moins ce qui suppose d’abord un autre partage des ressources entre les riches et les pauvres. Dans l’attente du grand soir promis par Sarkozy au nom de sa “ révolution verte ” et de l’extinction durant cinq minutes de nos ampoules électriques, souvenons-nous que le 22 avril 1970, vingt millions d’américains avaient participé au “ premier jour de la Terre ”, qu’à cette occasion la 5e avenue de New York avait même été fermée à la circulation. Nous avons vu combien cette écologie des bons sentiments est un marché de dupes. Trente ans plus tard, les crises environnementales et sociales sont encore plus dramatiques.
Que penser des mesures prises par le Grenelle officiel ?
On nous parle de geler les constructions d’autoroute et d’aéroports Cette promesse est un marché de dupes
22:50 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste, écologie

