11.04.2008

Pour un Congrès utile et serein : comment participer?

Chers amis,

L'initiative intitulée « Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ? » a lancé le mouvement d'une vaste consultation participative, destinée à préparer les échéances qui attendent le Parti socialiste. Je suis heureuse aujourd'hui de vous annoncer l'ouverture du site qui servira de support à la consultation, congresutileetserein.com.

Ce site est un espace de débat ouvert, structuré autour des dix questions posées par les premiers co-auteurs de l'initiative. Il accueille les contributions de toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer au renouvellement des idées à gauche, militants et sympathisants du Parti socialiste, citoyens engagés dans le mouvement syndical ou associatif, élus et intellectuels.

La consultation aboutira au début du mois de juillet à la rédaction d'un texte élaboré de manière participative. Pour tenir ce calendrier serré, il est important que vous envoyiez vos contributions personnelles ou vos comptes-rendus collectifs d'ici au 7 Juin (contact@congresutiletserein.com). Les synthèses seront mises en ligne sur le site à partir de la deuxième semaine de juin.

Je compte sur votre mobilisation pour cette étape essentielle à la construction d'un Parti socialiste fort, porteur d'un projet crédible et capable de faire renaître l'espoir chez nos compatriotes. Je souhaite que partout en France et notamment dans vos sections, vous soyez les fers de lance d'une réflexion porteuse de joie et d'avenir.

Amitiés,

Ségolène Royal

--

Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association Désirs d'avenir:
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19:07 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségoléne, Royal, congrés, PS, socialiste

05.04.2008

Un débat en vue du congrés du PS

Chers amis

Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.

Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.

Amitiés

Ségolène Royal

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Consultation participative : comment le Congrès du PS peut-il être utile aux Français ?


Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.

Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.

Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.

Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).

C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.

Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.

La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.

L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.



1) Les dix sources d’inquiétude des Français

1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10. une planète menacée d’autodestruction.


2) Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.


3) Les dix questions à trancher

1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
2. Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
4. Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

--

Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.

Ségolène Royal
François Rebsamen
Vincent Peillon
Jean Louis Bianco
Manuel Valls
Gilles Pargneaux
Delphine Batho
David Assouline
Guillaume Garot
Aurélie Fillipetti
Michel Sapin
Jean-Pierre Mignard
Jean-Jack Queyranne
Jacques Auxiette
Nadjat Belkacem
Pascal Terrasse
Dominique Bertinotti
Michèle Delaunay
Jean Guerard

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22:21 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségoléne, Royal, PS, congrès

22.01.2008

Un message de Segolene Royal

Chers Amis,

Après Saint-Brieuc samedi dernier, ville où Danielle Bousquet est en campagne, je me suis rendue hier à Strasbourg aux côtés de Roland Ries. Là encore, l’atmosphère était très chaleureuse ; et là encore, j’ai vu un parti socialiste en ordre de bataille, pleinement mobilisé pour reprendre la ville à la droite.

À cette occasion, nous avons tous deux déploré les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy. Car avec lui, plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent. Après avoir traité de l'économie solidaire dans un restaurant coopératif, nous avons rappelé l'absence de baisse du chômage, qui ne cesse de toucher très fortement les jeunes.

Nous avons également mis en cause le recul de l'État sur les solidarités essentielles, avec en particulier l'instauration des franchises médicales. Dans le quartier sensible du Neuhof, Roland Ries m’a fait rencontrer une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère : magnifique initiative, source de sociabilité et de convivialité, dans un quartier délaissé par l’équipe municipale en place. Merci aux bénévoles, aux animateurs, aux travailleurs sociaux d’entretenir ainsi l’espoir !

Avec des personnes âgées, nous avons participé à un thé dansant qui se tenait dans le quartier Hautepierre : j’ai senti le mécontentement de beaucoup contre un gouvernement qui avait promis d’augmenter le minimum vieillesse et les petites retraites, et qui n’a encore rien fait. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ferait une lecture nationale des résultats aux élections locales. Face à la politique du pire, nous devons donner lui un bon avertissement en votant massivement pour les candidats de la gauche !

Dans la matinée, je m'étais rendue sur le site de Sony France à Ribeauvillé, dans le Haut Rhin, où 230 emplois sur 719 sont menacés. Les salariés sont frappés par leur cinquième plan social en l’espace de quelques années, résultat d’un manque complet d’anticipation des mutations industrielles.

A la fin des mes entretiens avec les syndicats et la direction, je suis sortie de l’usine où m’attendait une centaine d’ouvriers. La presse, qui n’avait pas eu l’autorisation d’entrer, a calmement forcé le barrage et pu rencontrer les salariés du site.

J’ai rappelé les exigences suivantes : la France devait enfin se doter d’une véritable politique industrielle, notamment en matière de sous-traitance ; il n’y aurait pas de fatalité à la désindustrialisation si tout était fait pour pousser les entreprises à innover et anticiper ; il fallait que l’Europe trouve les moyens de se protéger et de s’organiser ; enfin, la formation tout au long de la vie ne devait pas rester une incantation, mais devenir une réalité !

Merci à tous ceux qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse et qui m’ont accordé leur confiance ! Je leur souhaite bon courage dans leur lutte ! Je suivrai ce dossier attentivement et écrirai dans les prochains jours à la direction de Sony-Europe.

¤¤¤

Dans le train du retour, j’ai appris en lisant le journal Le Monde que la France allait installer une base navale à Abou Dabi, en face des côtes iraniennes. C'est une décision lourde de sens qui a été prise en catimini par le chef de l'État, sans débat au Parlement, en nous plaçant devant le fait accompli.

Quel signal souhaite ainsi envoyer Nicolas Sarkozy ? Cherche-t-il à être le meilleur élève de la « classe Atlantique », au moment où le Royaume-Uni fait entendre sa différence ? Cherche-t-il à provoquer sciemment l'irréversible en créant les conditions d'une montée des extrêmes dans la région ? Comment justifier ces positions « bottées » au moment où il dissémine les centrales nucléaires un peu partout au Moyen-Orient ? Où est la cohérence ?

La fermeté face à l'Iran est une nécessité. J'ai été la première à avertir des dangers de la politique d'enrichissement d'uranium menée par Téhéran. Mais cette fermeté doit être efficace et ne pas conduire à l'escalade, ainsi que l'ont compris aussi bien les candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine que l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker.

L'Iran doit se conformer à ses obligations internationales, mais jamais la politique du « bâton » n'a réussi à créer les conditions de la sécurité et de la stabilité. Plutôt que de se lancer dans une surenchère suiviste de G. W. Bush, la France doit faire entendre la voix de la raison et proposer à l'Iran les voies d'une sortie par le haut.

Il est encore temps d'éviter le pire : offrir à l'Iran de s'intégrer pacifiquement à la communauté internationale, ainsi que le préconise le rapport Baker. Et puisque le président de la République est prêt à « discuter avec tout le monde » (Vladimir Poutine, Mouammar Khadafi, le roi Abdallah etc...), qu'il aille à Téhéran avant qu'il ne soit trop tard, ainsi que Nixon l'avait fait avec la Chine !

À très bientôt,
Amicalement,

Ségolène Royal




Le déplacement à Colmar
http://socialistes.canalblog.com/


Le 19-20 de France 3
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b67a_1920

Visite de l'usine SONY
http://www.lalsace.fr/




Vous trouverez ci-dessous la liste de mes prochaines échéances :

Je suis invitée au Grand Jury RTL dimanche 20 janvier, de 18H30 à 19H30, et à l’émission de Michel Drucker Vivement Dimanche le 27 janvier.

Je poursuis mes déplacements dans les villes où les candidats socialistes en campagne ont sollicité ma présence : Tours le 24 janvier, Chartres le 25, Argenteuil le 30, Villeurbanne et Vaulx-en-Velin le 14 février.

Je profite de l’occasion pour vous signaler un déplacement aux Etats-Unis la première semaine de février, à l’invitation de Philippe Aghion, professeur d’économie à l’Université Harvard. Je vous en reparlerai très prochainement !

13:06 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Segolene, Royal, politique, socialiste

03.01.2008

En route pour de nouveaux défis

FRANCE 2 - LES 4 VERITES – Le 03/01/2008 – 07 :47
Invitée : Ségolène ROYAL, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes


Thierry BECCARO
07h47, TELEMATIN, voici « Les 4 vérités ». Jeff WITTENBERG reçoit aujourd'hui Ségolène ROYAL, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes. Bonjour.

Jeff WITTENBERG
Bonjour à tous et en effet, bonjour à vous, Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL
Bonjour.

Jeff WITTENBERG
C'est votre première intervention d'importance en 2008, merci de la réserver à FRANCE 2. Alors, on sait le vœu que vous aviez formé pour 2007, devenir présidente de la République. En 2008, qu'est-ce que vous aimeriez que l'on vous souhaite, en ce début d'année ?

Ségolène ROYAL
D'abord, moi, je voudrais, en 2008, que la France avance, et qu'elle avance avec tout le monde et pas seulement avec quelques-uns, ceux qui peuvent s'en sortir, et je souhaite aussi que la France puisse consolider les garanties fondamentales de chacun, c'est-à-dire se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école, recevoir le juste salaire de son travail ou avoir une couverture sociale lorsque l'on est âgé et que l'on a aujourd'hui des retraites en dessous du minimum vital. Voilà ce que je souhaite pour la France.

Jeff WITTENBERG
Vous faites des vœux pour les autres, mais pas pour vous, personnellement, dans cette année.

Ségolène ROYAL
Moi, je suis au service, d'abord, de la gauche, de la France aussi, parce que j'ai une responsabilité en tant qu'ancienne candidate à l'élection présidentielle, qui ai soulevé beaucoup d'espoir, qui ai reçu beaucoup d'amour, qui en ai aussi beaucoup donné au peuple français et bien sûr en cette année je compte aller jusqu'au bout de ce que j'ai entamé, au cours de cette campagne présidentielle, pour rénover la gauche.

Jeff WITTENBERG
On va y revenir. Tout d'abord, on va évoquer les vœux, d'autres vœux, ceux du président de la République, de Nicolas SARKOZY, qui a dit, lui, que tout ne peut pas être réglé en un jour, une manière de dire que tous les résultats, effectivement, ne peuvent pas être… aboutir, plutôt, en sept mois, avec un Baril de pétrole à 100 $, comme on l'a vu hier ; est-ce que vous lui accordez, au moins, des circonstances atténuantes ?

Ségolène ROYAL
Non, parce que chacun savait que le Baril de pétrole atteindrait ce prix là, il est le prix, d'ailleurs, pour tout le monde. D'autres pays européens réussissent…

Jeff WITTENBERG
C'est un frein à la croissance, quand même.

Ségolène ROYAL
D'autres pays européens, malgré ce handicap, arrivent à avoir de la croissance et surtout à bien répartir les fruits de la croissance, donc il fallait anticiper. Aujourd'hui, le Grenelle de l'environnement n'a eu aucune concrétisation, par exemple comment se fait-il qu'aujourd'hui encore, en France, il y ait des permis de construire qui soient délivrés sans l'obligation d'intégrer les énergies renouvelables ? Voilà par exemple, ce que je fais dans la région que je préside, aujourd'hui j'ai 5 lycées chauffés au bois et donc il y a des façons de faire, des façons d'anticiper, il n'est pas trop tard, mais il faut que le Grenelle de l'environnement se traduise par des effets concrets pour justement contrecarrer la hausse du prix du pétrole. C'est une chance, si on le veut, la hausse du prix du pétrole, parce que ça permet aussi le développement de, enfin, de nouvelles technologies propres.

Jeff WITTENBERG
Sur les vœux du président, une expression a retenu l'attention, il parle d'une « politique de civilisation ». Vous, vous ne la goûtez pas spécialement, cette formule, en tout cas dans la bouche de Nicolas SARKOZY. Pour quelle raison ?

Ségolène ROYAL
Ecoutez, voyez, je vous ai apporté, parce que je crois que ça n'a jamais été montré, ce plagia, c'est-à-dire « Une politique de civilisation », c'est une très belle expression, qui est une expression d'Edgar MORIN, dans un dialogue avec Sami NAÏR, Edgar MORIN qui est un grand, un des plus grands intellectuels français, qui explique dans ce livre, que la politique doit toujours être globale, c'est-à-dire on ne peut pas dire aux Français « débrouillez-vous individuellement ». Il ne peut pas, dit-il, y avoir de croissance économique sans justice sociale.

Jeff WITTENBERG
Mais ça, Nicolas SARKOZY ne dit pas le contraire.

Ségolène ROYAL
Si, il fait le contraire, c'est ça la différence. Il fait le contraire, c'est-à-dire qu'il pense, et on le voit dans ce qu'il propose sur la politique sociale, il dit aux Français : « débrouillez-vous dans vos entreprises » par exemple pour avoir le paiement des heures supplémentaires, ou « remettez en cause les 35 heures, entreprise par entreprise », alors qu'une politique de civilisation exige au contraire que l'homme soit pris dans sa globalité, c'est-à-dire qu'il ne faut pas fragiliser le contrat de travail si l'on veut au contraire que les entreprises soient performantes, qu'il ne peut pas y avoir de croissance économique en creusant les inégalités, mais bien au contraire. Or, aujourd'hui, on a quoi ? On a la croissance des inégalités, sans la croissance économique. Et ce que dit Edgar MORIN dans « La politique de civilisation », c'est que tout se tient, que l'un ne va pas sans l'autre, que si l'on touche au contrat de travail, ou que si l'on donne de la flexibilité, ou de l'agilité aux entreprises, en contrepartie, au contraire, il faut sécuriser les salariés pour qu'ils soient bien motivés dans leur travail.

Jeff WITTENBERG
Ségolène ROYAL, vous avez évoqué il y a un instant, les questions d'environnement. Aujourd'hui même, on l'a dit dans les journaux, José BOVE entame une grève de la faim pour demander un moratoire sur les cultures OGM. Le gouvernement a annoncé pourtant un gel, notamment du fameux MONSANTO 810, le maïs transgénique incriminé. Vous approuvez, quand même, José BOVE, dans sa démarche, grève de la faim ?

Ségolène ROYAL
D'abord, le gouvernement n'a pas tenu sa parole, il avait promis un moratoire des OGM, ça n'a pas été fait. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la pression, en effet, des grandes firmes capitalistiques, multinationales, comme MONSANTO. Geler l'hiver, ça n'a aucun sens, puisqu'on ne sème pas l'hiver et donc José BOVE exige que la parole soit tenue, tout simplement et…

Jeff WITTENBERG
Donc vous approuvez sa grève de la faim.

Ségolène ROYAL
Mais bien sûr. Mais bien sûr.

Jeff WITTENBERG
Vous le soutiendrez, éventuellement, vous irez le voir ?

Ségolène ROYAL
Vous savez, il y a en Europe 17 régions, dont la mienne, qui ont décrété, déjà il y a trois ans, le moratoire des OGM. Pourquoi ? Parce que ça porte atteinte à la santé publique, donc ce que je demande c'est le moratoire sur les OGM et la publication, c'est-à-dire la transparence, de toutes les études qui montrent, qui démontent les problèmes d'impact des OGM sur la santé publique et sur l'agriculture.

Jeff WITTENBERG
Vous irez voir José BOVE, vous irez le soutenir dans sa…

Ségolène ROYAL
Mais pourquoi pas ? Vous savez, ce n'est pas la première fois que je le soutiens et je pense que, qu'il y ai des hommes, comme ça, qui s'engagent très fortement, pour qu'il y ait une morale en politique et que la parole soit tenue et qu'en plus sur des sujets de société majeurs qui concernent la santé publique, eh bien je crois que c'est bien, que c'est courageux et que ça mérite d'être soutenu.

Jeff WITTENBERG
L'agenda social est chargé, les 35 heures pourraient être réformées, selon le gouvernement, ainsi que le contrat de travail que le gouvernement souhaite voir évoluer. Sur ces questions, vous donnez peut-être un gage, disons vous demandez à voir ce que va faire le gouvernement ? On sait par exemple que les 35 heures, vous avez toujours eu un discours assez mesuré, disons que ce n'est pas toujours un progrès. Qu'en est-il, aujourd'hui ?

Ségolène ROYAL
Il faut faire des réformes, là-dessus je n'ai jamais eu de discours ambigu. Il faut faire des réformes, mais il faut les faire correctement. Moi, j'ai été très étonnée dans le discours de Nicolas SARKOZY, lorsqu'il a décrit l'exaspération des Français. C'est quand même étonnant. Il a été élu, précisément, non pas pour décrire l'exaspération, des Français, pour la constater, mais pour y mettre fin. Aujourd'hui, il est le président de l'exaspération. Et sur l'agenda social, eh bien reprenons la politique de civilisation, c'est-à-dire que tout se tient, on ne peut pas toucher au contrat de travail, c'est-à-dire mettre en œuvre un projet comme celui qui est imaginé, de rupture à l'amiable, d'un contrat de travail, sans prévoir l'intervention d'un médiateur ou d'un juge qui va vérifier qu'il n'y a pas eu la loi du plus fort sur la loi du plus faible. On ne peut pas dire aux salariés : « débrouillez-vous tout seuls sans vos entreprises pour négocier les 35 heures ». Donc, là aussi, il faut une approche globale, c'est-à-dire à la fois des initiatives individuelles, parce que je crois que les libertés individuelles, la responsabilité individuelle, sont importantes, mais des garanties collectives et des sécurités collectives qui, elles, sont aujourd'hui dangereusement fragilisées.

Jeff WITTENBERG
On va parler de Ségolène ROYAL, auteur. Votre livre : « Ma plus belle histoire, c'est vous », se vend très bien, je crois, 120 000 exemplaires, m'avez-vous dit. Comment vous expliquez ce succès ? Que cherchent vos lecteurs, selon vous ? Comprendre pourquoi vous n'avez pas gagné ou savoir, ce qui est peut-être le plus important, ce que vous allez faire maintenant, parce que ça c'est quand même le grand mystère ?

Ségolène ROYAL
Oui, je suis très contente de ce grand succès. Je crois que ce que demandent, ce qu'attendent les lecteurs de ce livre, c'est de comprendre, peut-être de revivre aussi des évènements très forts et très denses de cette campagne, avec un échange affectif très fort…

Jeff WITTENBERG
Et l'avenir, alors, madame ROYAL, vous êtes…

Ségolène ROYAL
Et l'avenir aussi. Bien sûr…

Jeff WITTENBERG
Vous aviez dit en décembre : « Je dirai en janvier ce que je vais faire, si je prends, si je m'intéresse ou non à la tête du PS ». Alors, on est en janvier et j'ai envie de vous dire : « alors, qu'est-ce que vous avez décidé ? »

Ségolène ROYAL
Ce que je peux vous dire, en tout cas très simplement et avec beaucoup de détermination, c'est que je sens qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes qui, en effet, se tournent vers moi et se demandent comment est-ce que l'on peut collectivement faire en sorte que les idées du Parti socialiste soient rénovées. Le Parti socialiste s'y est d'ailleurs attelé, dans plusieurs forums, mais moi j'ai bien l'intention de m'engager à fond, de servir à fond à la fois le Parti socialiste, en m'y impliquant totalement. Les élections municipales, aussi, qui sont là, qui sont l'occasion de dire beaucoup de choses et notamment sur la conception de la politique et sur la démocratie participative, au quotidien, et sur l'efficacité de la politique, je crois que c'est ça qu'attendent les Français.

Jeff WITTENBERG
Madame ROYAL, vous y impliquer totalement, ça peut vouloir dire que vous pourriez concourir au poste de Premier secrétaire du PS qui va être vacant dans quelques mois ?

Ségolène ROYAL
Il faut d'abord réussir les étapes précédentes. Si je réussis les étapes précédentes, c'est-à-dire en effet mobiliser beaucoup d'intelligence, comme je le fais en ce moment, pour continuer à bouger les lignes politiques, tel que je l'ai fait pendant la campagne présidentielle, avoir la capacité de faire une offre politique qui montre comment on peu résoudre aujourd'hui les problèmes qui se posent, en France, sans, je l'ai dit tout à l'heure, déconnecter d'un côté la croissance, de l'autre les inégalités, montrer que tout se tient et avoir des réponses structurées et donc faire en sorte que l'on puisse rassembler les socialistes…

Jeff WITTENBERG
Si les conditions sont réunies, qu'est-ce que vous ferez, alors ?

Ségolène ROYAL
Oui, plus définir ce qui est aujourd'hui une nouvelle force politique à gauche, eh bien si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, à ce moment-là j'irai jusqu'au bout de cette démarche.

Jeff WITTENBERG
Je vous remercie. Très bonne journée à vous, Ségolène ROYAL. C'est à vous Thierry, et merci. Bonne journée.

Thierry BECCARO
Merci beaucoup. Bonne journée.

23:25 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, politique, socialiste

13.12.2007

Soutien au projet Mediapart

Chers amis, chères amies de Désirs d’Avenir,


Toutes les initiatives audacieuses qui tentent de changer la situation de la concentration de la presse méritent d’être soutenues, au nom de la liberté de l'information et du pluralisme.

C'est le cas du récent projet MediaPart, né de la rencontre entre des professionnels du journalisme et des spécialistes du Web, parmi lesquels Edwy Plenel, François Bonnet, Laurent Mauduit et Benoît Thieulin.

Présenté sur le site mediapart.fr , ce projet de site d'information participatif, financièrement indépendant et exigeant éditorialement, cherche à inventer une réponse ambitieuse "aux trois crises – démocratique, économique, morale – qui fragilisent l'information en France.

Pour voir le jour d'ici mars 2008 et avoir les moyens de rester indépendant, MediaPart fait appel aux pré-abonnements, pour un montant de 9 € par mois (de 5 € pour les moins de 25 ans et les chômeurs).

Au nom du pluralisme des médias, je vous invite à leur donner leur chance en vous abonnant.

Merci de ce geste militant qui s’inscrit dans la logique de la démocratie participative.


Ségolène



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22:54 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

05.12.2007

Ségolène Royal commente l´actualité

Chers amis de Désirs d’Avenir,


L’actualité de ces derniers temps m’inspirent quelques réactions dont vous pouvez débattre sur le site.


Voyage de Nicolas Sarkozy en Chine : service minimum pour les droits de l’Homme.

Au delà de la communication sur les contrats industriels qui étaient pour la plupart déjà signés et des déclarations d’intention sur la nécessaire réévaluation du yuan, de nombreuses ONG, en particulier Reporter Sans Frontières, déplorent déjà la quasi-absence de déclarations tangibles sur les droits de l’Homme.

L’absence de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade est révélatrice. Mais de là à déclarer que la Chine avait effectué des « progrès depuis 30 ans » sur la question des droits de l’homme, il y avait une ligne rouge que la décence imposait de ne pas franchir.

A moins de huit mois des prochains Jeux olympiques, alors que monde a le regard tourné sur la Chine, la France avait la responsabilité historique de rappeler qu’elle n’oubliait ni le Tibet, ni Tien an Men, ni les exécutions continues – et croissantes – d’opposants politiques. Les contrats, surtout ceux déjà signés, ne permettent pas tout.

La France ne gagnera pas le respect des Chinois en mettant de côté ses valeurs fondamentales : les Allemands souvent très durs avec Pékin, se sont toujours mieux imposés que la France sur le marché chinois. Les parts de marché que les entreprises françaises doivent gagner dans ce pays ne sont pas incompatibles, loin s’en faut, avec un discours ferme et équilibré sur l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’homme. C’est cela une démocratie qui marche sur ses deux jambes. La France ne doit plus être arrogante avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être fidèle à elle-même, constante dans ses convictions pour mieux promouvoir ses intérêts.



Elections en Russie, visite du Colonel Kadhafi en France

Comme l’a dit François Loncle à l’Assemblée Nationale, au lendemain des élections législatives russes, les accusations de fraude massive, de pressions et de malhonnêteté se sont multipliées en Russie et dans le monde. Et Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux à faire que de se précipiter au téléphone pour féliciter chaleureusement M. Poutine alors que les dirigeants de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ainsi que le gouvernement allemand, soulignent que ces élections n’étaient ni équitables, ni libres, ni démocratiques ! Pourquoi ce coup de téléphone pour le moins hâtif et imprudent, cette caution supplémentaire à un régime de plus en plus autoritaire ? Voila qui contredit totalement les engagements de M. Sarkozy, qui déclarait en mai dernier : « ce n’est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l’on doit s’interdire de dénoncer les violations des droits de l’homme ». Et de donner comme grand objectif à sa politique étrangère de promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde.

La Realpolitik devient un cynisme difficilement supportable qui va culminer lors de l’accueil du colonel Kadhafi pour une visite d’Etat, contrairement à ce que font tous les pays de l’Union européenne, quelle appréciation portez-vous sur ces dérives ? Cette visite en France est intolérable alors que les tortures en prison sont désormais connues de tous.



Pouvoir d’achat


Parmi les annonces faites, je remarque que Nicolas Sarkozy a repris nombre de propositions que j’avais faites pendant la campagne :
- la réforme de l’indice des prix,
- le bouclier logement et les cautions,
- la taxation des compagnies pétrolières pour baisser le coût de l’énergie (alors que jeudi dernier il affirmait que ce n’était pas possible à cause des risques de délocalisation !).

mais il reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre : le doublement de l’aide à la cuve + 75 euros sera repris par la redevance télé à laquelle les personnes âgées vont être assujetties (+ 116,50 euros).



Quand Nicolas Sarkozy récupère le travail des entreprises françaises : l’imposture !

A chaque visite, ses soi-disant milliards de contrats. Comme si son seul déplacement était à l’origine de ces contrats alors même que la plupart de ces contrats étaient déjà signés. A ce compte là, il peut faire le tour du monde, partout où les entreprises sont présentes !

Mais pas un mot sur les délocalisations qui s’accélèrent. Depuis quelques jours, les grandes entreprises annoncent qu’elles envisagent des délocalisations :

- Airbus qui a annoncé qu’il veut produire en zone dollar ;
- Dassault qui lui emboîte le pas dimanche ;
- Alstom aujourd’hui

Quelles actions et quelle riposte de Nicolas Sarkozy à ces délocalisations ? Peut-on sérieusement s’attribuer des contrats et pas les délocalisations qui sont d’ailleurs intégrées dans certains contrats ?


Il faut de la clarté et de la vérité.

Ségolène Royal

19:40 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

03.11.2007

Lettre d´argentine

Amigas, Amigos,

Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty” francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡

Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager léger...

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12:00 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

21.10.2007

Le choc de méfiance

Tribune de Ségolène Royal à paraître vendredi 19 octobre dans les Echos

Nicolas Sarkozy nous disait que tout était prêt pour provoquer, dès l'élection , le choc de croissance, le choc de confiance. Il raillait la nécessité du dialogue social pour réformer. Il se gaussait du constat sur la dette publique. Il se moquait des propositions de création d'un « small business act » et d'une sécurité sociale professionnelle. Six mois plus tard, le choc promis est celui de la méfiance. Pourquoi : Archaïsme, arrogance, affrontement constituent les poisons par lesquels le pouvoir en place est en train de miner les chances de redressement de la France.

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21:55 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

06.10.2007

EADS: Ségolène Royal s'étonne du silence de Nicolas Sarkozy

LA ROCHELLE, 5 oct 2007 (AFP) - L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est étonnée vendredi à La Rochelle que le président de la République Nicolas Sarkozy "ne se soit pas encore manifesté" dans l'affaire de possibles délits d'initiés au sein du groupe européen EADS.
"Je m'étonne que Nicolas Sarkozy, qui est d'habitude très rapide pour intervenir sur les faits divers, ne se soit pas encore manifesté sur cette question qui choque profondément les Français", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes au cours d'une visite à La Rochelle, avant de se rendre à Rochefort (Charente-Maritime) où elle a précisé qu'elle visiterait le site d'EADS-Sogerma.
Le président Nicolas Sarkozy, alors ministre, n'a pas eu connaissance des difficultés de l'Airbus A380, a déclaré vendredi le porte-parole de l'Elysée.
"Il faut que la transparence soit faite et je crois qu'au-delà des décisions de justice, il faut qu'il y ait par rapport à ce comportement totalement immoral du capitalisme financier un engagement très rapide de rembourser et que les sommes soient versées à une caisse de solidarité des ouvriers et des ouvrières d'EADS", a-t-elle ajouté.
Affirmant qu'elle partageait la "saine colère des ouvriers", elle a souhaité que "le président de la République, qui est très proche des dirigeants d'EADS", soit "à la source de l'information".
Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF, le gendarme de la Bourse), 21 responsables d'EADS ont vendu fin 2005-début 2006 de gros paquets d'actions peu avant l'annonce de retards de livraison de l'avion géant A380, qui ont plongé Airbus dans une crise profonde et fait chuter les cours.
De nombreux dirigeants du groupe européen EADS, dont Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy, sont cités dans cette affaire de délit d'initiés.

09:50 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

02.10.2007

Une diplomatie incohérente, par Ségolène Royal

Tribune publiée dans "Le Monde"

Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l'épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. "La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts" dit-il devant une assistance médusée.

Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union semblait pourtant réglé. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu'alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu'il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !

Ce revirement n'est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises" affirme ce jour là le porte-parole de l'Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'ump du 12 décembre 2OO6 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah : "le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.

Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportées. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à "nous préparer au pire", à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

Cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France.. Récemment nos partenaires se sont encore demandés s'il s'agissait d'improvisation ou de provocation lorsque le Président a fait du nucléaire civil, à la tribune des Nations-Unies "la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités se doter de l'arme nucléaire" confondant, une nouvelle fois, l'achat d'électricité et la maîtrise de la totalité de la filière avec l'enrichissement de l'uranium qui permet, tôt ou tard, de passer du civil au militaire.

De tels revirements, soudains et imprévisibles, soulèvent des questions aujourd'hui sans réponses. Pourquoi cette navigation à vue, cette gestion erratique du dossier iranien ? Comment le Hezbollah infréquentable du mois de décembre 2006 est-il devenu l'interlocuteur acceptable du mois de juillet 2007 ? Que s'est-il passé pour que Nicolas Sarkozy change son fusil d'épaule sur la Turquie ?

A aucun moment le Président ne s'en est expliqué. A t-il péché par ignorance des contraintes internationales ? A-t-il délibérément oublié de révéler ses intentions ? Se doutait-il que certains de ses choix ne seraient pas tenables ? Si oui, pourquoi n'a t-il rien dit ? Chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face aux risques d'isolement : serait-ce cela la nouvelle diplomatie de rupture ? C'est la perte de crédibilité de la France qui est en jeu aujourd'hui, et ce qui la menace c'est la banalisation de sa parole, une marginalisation très difficilement récupérable par la suite.

Dans le "concert des nations", notre pays apportait traditionnellement un contrepoint salutaire. Elle faisait entendre une musique différente, parfois mezzo voce, parfois fortissimo, mais toujours en harmonie avec deux valeurs cardinales : le sens du bien commun et l'éthique de la responsabilité qui interdisait d'utiliser la politique étrangère à des fins de politique intérieure.

Ex-Yougoslavie, Irak, Liban, Darfour, conflit israélo-palestinien : autant de théâtres sur lesquels la France récusait les fausses évidences et les manichéismes simplificateurs. A l'idéologie facile, à l'intérêt étroit, elle préférait l'analyse rationnelle des faits, ultime boussole d'un monde singulièrement complexe, ultime condition à une action crédible et respectée.

Or quel spectacle la France donne-t-elle depuis quatre mois ? En Europe, celui d'un président qui tire la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notemment l'Allemagne, ahurie par la dramatisation du dossier iranien, agacée par la récupération du traité, choquée par l'ingérence sur l'abandon du nucléaire, et blessée d'entendre Nicolas Sarkozy appeler Angela Merkel, "cette femme de l'est" ! Bourde sur bourde. En Afrique, celui d'un président qui dénonce avec brutalité ce continent comme "absent de l'histoire, empêtré dans l'éternel recommencement où jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir", pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence. A l'heure où l'Amérique remet en cause ses choix de politique étrangère, à l'heure où le rapport Baker prône une nouvelle approche fondée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire, à l'heure où même nos amis britanniques marquent leurs distances, Nicolas Sarkozy fait le choix de l'atlantisme. C'est une décision lourde de conséquence et pourtant, là encore nulle explication, aucun débat au Parlement.

Le Président de la République serait bien avisé de se ressaisir et de s'inspirer de cette sage recommandation du rapport Védrine : amis, alliés mais pas alignés. C'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard .

Ségolène Royal

10:37 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Segolene, Royal, diplomatie

13.09.2007

Ségolène Royal à la Fête nationale de l'Unità en Italie

"Ce que vous faîtes en Italie doit nous inciter à accélérer la rénovation du Parti socialiste"

Ségolène Royal était, dimanche 9 septembre, l'invitée de la Fête nationale de l'Unità organisée par le Parti des Démocrates de Gauche italien à Bologne. Invitée à l'initiative de Piero FASSINO, premier secrétaire des "Damocratici di

Sinistra", Ségolène Royal était accompagnée de Bruno LEROUX, Député et secrétaire national du PS chargé des élections, et de Delphine BATHO, Députée et secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité.

Elle a profité de l'occasion pour faire un tour d'horizon de la situation de la gauche en Italie et en France. Ségolène Royal est intervenue devant un millier de personnes et a répondu aux questions de la journaliste Lucia Annunziata, retransmises sur NessunoTV. Il a notamment été question des leçons tirées de la présidentielle en France, le mini-traité européen, la politique de Nicolas Sarkozy et les alliances de la gauche en France.

Jugeant le mini-traité européen promu par le Président de la République en France "trop mini", elle a ajouté qu'il fallait "exiger des politiques européennes communes indépendamment du mini traité; des politiques qui promeuvent les transports, la recherche, le développement durable et combattre les délocalisations."

Pour en savoir plus, cliquer ici

22:00 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, parti socialiste

25.07.2007

Invitation de Ségolène Royal

Chères amies, Chers amis,

J'organise avec la fédération PS des Deux-Sèvres et sa première secrétaire Françoise Billy, une Fête de la Rose le samedi 25 août prochain à Melle. Je souhaite vous y inviter afin que cette fête soit l'occasion d'un rassemblement amical pour les socialistes, les sympathisants, nos amis de la gauche, et bien sûr Désirs d'Avenir.

Au programme, sont prévus, outre la partie politique, un grand pique-nique, un marché de produits locaux et des concerts.

Sur le plan pratique, cette fête commencera à midi pour se terminer dans la fin de l'après-midi. Des navettes en car seront organisées au départ de la gare TGV de Poitiers toute la matinée jusqu'à 14 heures, puis pour le retour. Si vous venez de trop loin pour faire l'aller-retour dans la journée, n'hésitez pas à profiter des hébergements disponibles dans le beau département des Deux-Sèvres. Nous vous conseillons d’apporter votre pique-nique ou de profiter des stands et buvettes qui seront ouverts sur place.

Pour tous renseignements (hébergement, transports) vous pouvez consulter la page internet : http://melle2007.over-blog.com
Pour les éventuelles questions, nous avons mis en place un e-mail spécial : melle250807@gmail.com

Lors de cette journée, un accueil spécifique pour Désirs d'Avenir sera prévu.

Je serai très heureuse de vous retrouver à cette occasion

Amitiés à toutes et à tous,

Ségolène Royal


Si vous n'êtes pas encore adhérent, vous pouvez adhérer en ligne à l'association Désirs d'avenir en cliquant ici : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion

18:49 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, politique

29.06.2007

Déficit : la France, mauvais élève de l'Europe.

Message de Ségolène Royal

1/ Le déficit public de la France s'élève à 2,6% du PIB fin 2006. La France a pris l'engagement devant la Commission Européenne, dans le cadre du "programme de stabilité des finances publiques françaises" présenté en janvier 2006 de réduire ce déficit à zéro (et donc de ramener les comptes à l'équilibre) en 2010.

Les hypothèses présentées pour atteindre cet objectif était à la fois une croissance de 2,25% par an en moyenne et une maitrise renforcée de la dépense publique.

2/ Cet engagement s'inscrit dans le cadre des régles européennes en la matière, respectées strictement par l'ensemble de nos grands partenaires européens [pour info, dans la zone euro, seuls l'Italie et le Portugal ne respectent aujourd'hui pas le ratio maximum de 3% de déficit/PIB].

3/ La Commission Européenne vient, le 13 juin dernier, de rappeler la France à l'ordre (par la voix de son Commissaire à l'économie, Joaquim Almunia).

Elle a ainsi indiqué que la stratégie budgétaire mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy laisse entrevoir une aggravation des déficits et ne répond pas aux engagements pris.

Notamment, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France ramènerait son déficit à zéro en 2012, et non plus en 2010. Ce décalage est "contraire à un accord de tous les pays de la zone euro conclu en avril 2007" a estimé la Commission.

Comment peut-on vouloir définir les règles pour vivre ensemble (le "mini-traité"), les imposer à tous, et au même moment ne pas les respecter soi-même ?...

00:35 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Segolene, Royal, Europe

28.06.2007

Ségolène Royal invitée du 20h sur TF1.

Interrogée sur son absence au congres national du Parti Socialiste samedi, Ségolène Royal répond : « j’avais des obligations dans ma région et ça m’a fait plaisir, après ce long temps de campagne nationale de retrouver mes bases. Et je trouvais que c’était bien de ne pas être là puisqu’il s’agissait de faire le bilan de l’élection présidentielle. J’ai trouvé que la parole avait le droit d’être libre, je crois qu’elle l’a été, avec les points forts et les points faibles, mais le fait que tout ait pu être dit permet de se tourner vers l’avenir. »

A propos du calendrier, elle estime que « c’est une bonne chose qu’il soit là, ce qui est important maintenant, c’est de savoir comment nous allons le remplir et je crois que l’énergie qui s’est déployée dans le pays lors des élections présidentielles et lors des élections législatives aussi, les 17 millions d’électeurs qui sont venus vers la gauche, aujourd’hui attendent très fortement que cette énergie puisse continuer et c’est pourquoi j’appelle tous les socialistes qui sont déjà 300 000, plus tous ceux qui ont envie, à réfléchir avec nous à la façon dont on peut répondre aux défis qui se posent à la France, aux Français aujourd’hui, car les problèmes demeurent : la question du chômage, la mondialisation, la baisse du pouvoir d’achat, la dette, les déficits sociaux, comment est-ce que la fiscalité peut être juste, et la question centrale pour les socialistes et pour la gauche, c’est notre question de toujours, c’est de savoir comment on peut lutter contre les inégalités en permettant à chacun de réussir sa vie avec la garantie d’une égalité des chances. »

Ségolène Royal revient sur ses propos de la semaine passée sur les idées émanant du Parti Socialiste qu’elle a dû défendre pendant la campagne et explique :«Je sais que la déclaration que j’ai faite a surpris, pourtant, je l’ai toujours dit, je crois qu’on ne peut plus présenter de projet par slogan et qu’il faut écouter les gens et sur un sujet comme celui des 1500 euros bruts, pendant les débats participatifs, j’ai entendu ceux qui pensaient que c’était pour tout de suite et qui n’y croyaient pas et ceux qui ont compris que c’étaait pour dans cinq ans et qui se disaient que ce n’était pas très généreux, donc je veux dire par là qu’aujourd’hui, la tâche des socialistes, c’est de faire en sorte que chaque proposition annonce bien la façon dont elle est financée, la façon dont elle est mise en œuvre et la façon dont elle répond concrètement aux préoccupations des gens. Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. »

00:30 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Segolene, Royal

29.04.2007

Ségolène Royal en meeting à Lyon.

"La politique peut et doit encore beaucoup et, de jour en jour, je me sens de plus en plus prête à assumer la présidence de cette France présidente et c'est pour cela que je vous demande de me faire confiance".

"Je pense de plus en plus à François Mitterrand et à ce 10 mai 1981, et je crois que le profond désir d'alternance est aussi fort, aussi puissant et nous avons le devoir de le réussir et je sais qu'avec vous, cette réussite, cette victoire, elle devient ce soir possible. Je me bats avec vous pour gagner et cette victoire, nous allons l'arracher ensemble".

Ségolène Royal réitère son appel au rassemblement devant 15 000 personnes :"Je tends aujourd'hui la main pour un vaste rassemblement des républicains de progrès". "J'appelle tous ces hommes et toutes ces femmes à venir soulever la vague de la victoire qui permettra à la France de changer". "Rejoignez-moi!"

Elle estime qu'"à l'approche de ce second tour, on voit que les choses se simplifient, que les messages se clarifient". "Vous allez avoir le choix entre le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté, et la candidate soutenue par Zapatero et par Romano Prodi. Voilà le choix qui est devant vous".

"Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose". "Elle est possible". Il s'agit d'une "démarche nouvelle" et "surprenante pour quelques-uns, qui nous demande des efforts aux uns et aux autres pour sortir des dogmes, des idées préconçues ou des camps qui s'affrontent".

S'adressant à "la gauche", aux "écologistes" et "au-delà", Ségolène Royal appelle à faire bloc autour d'elle ."Je suis convaincue que nous devons nous rassembler dès lors que nous considérons que les valeurs de paix civile et d'harmonie sociale nous sont communes, même s'il reste ici ou là quelques divergences". Elle évoque également des idées communes à la gauche et au centre sur la dette, le déficit des comptes sociaux ou l'éducation. "Je crois pouvoir rassembler".

Un message qui s'adresse "à tous ceux qui pensent qu'on peut réformer la France sans brutalité", "que l'on peut protéger les exclus tout en étant compétitif sur le plan économique", "que trop de violence latente et contenue risque de se déployer demain dans nos territoires et dans nos quartiers". "A tous ceux qui refusent ces fatalités, et partagent ces valeurs, je les appelle à converger massivement pour que la France puisse réaliser ce changement le 6 mai prochain".

"Je ne me pose pas tous les quatre matins, comme le fait le candidat de l'UMP, en victime". "L'élection présidentielle ne se joue pas sur une victimisation, ou alors il faut faire autre chose. Je pense qu'il faut accepter à ce niveau de responsabilité la force des engagements, la force de la confrontation et l'échange d'idées" et "cesser de se présenter comme une éternelle victime".

"C'est assez drôle, car il n'en a pas vraiment le rôle quand je vois la somme des attaques, des mots violents, des mots de mépris qu'il a pour François Bayrou", ajoute la candidate socialiste.

Ségolène Royal souligne avoir "pris beaucoup de coups dans cette campagne". "Quand on fait le florilège des attaques qu'il fait sur moi dans ses meetings, on en remplirait tout un roman", "J'ai choisi de les ignorer et de ne pas y répondre". "Jamais vous ne me verrez me mettre en position de victime. Je ne suis pas une faible victime, je ne suis pas une faible femme. Je suis, comme disent les Antillais, une femme debout, je suis une femme solide, je suis une combattante! Je vais vous conduire à la victoire. Je sais qu'elle est possible, qu'elle est à portée de main. Elle dépend de nous".

12:10 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, politique

11.04.2007

La vérité sur le Contrat Première Chance

La vérité sur le Contrat Première Chance: un vrai contrat en CDI pour les 120 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, avec formation et salaire. Diffusez le document ci-dessous!!!!

Pour tout savoir sur le Contrat Première Chance

11:46 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Contrat Première Chance, Segolène, Royal, emploi

10.04.2007

Lettre aux Français à l'étranger

Mes chères et chers compatriotes,


La France est à un tournant de sa vie politique.

Les 22 avril et 6 mai prochains, vous choisirez le ou la Présidente de la République.

Vivant à l’étranger, vous percevez mieux que quiconque l’importance que revêt aux yeux du monde l’élection présidentielle française de 2007.

Ce n’est pas seulement parce que l’image de la France est en jeu, mais parce que, vous le savez, de son image dépend sa capacité à agir.

Cette élection revêt une importance toute particulière pour ceux qui, comme vous, sont éloignés de leur pays pour des raisons personnelles ou professionnelles.

C’est pourquoi j’ai décidé de m’adresser à vous, grâce aux adresses électroniques que vous avez communiquées lors de vos démarches consulaires récentes. Elles ont été transmises, avec la liste des électeurs, à tous les candidats. Je ne le ferai qu’une fois avant le premier tour, et une fois entre les deux tours. Ensuite je demanderai à mon équipe de campagne la destruction de cette base de données.

Vous le savez, le rayonnement de notre pays a été écorné par la présence du Front National au second tour de la présidentielle de 2002. Il a pâti de l’échec du référendum européen de 2005.

Pour autant je refuse l’idéologie du déclin dont nous abreuvent certains prophètes de mauvais aloi.

Je crois en une morale de l’action et en la force de la volonté politique pour relancer la dynamique économique, sociale, culturelle de notre pays, pour répondre à l’urgence écologique, pour redéfinir les rapports Nord-Sud, la solidarité internationale, et le rôle de la France en Europe et dans le monde.

Vous êtes l’exemple de l’énergie et du dynamisme dont sait faire preuve notre pays.

Vous avez fait un choix courageux, celui de l’expatriation. Votre présence à l’étranger est une chance et une richesse pour chacun.

Contrairement à ceux qui ne s’intéressent qu’aux conditions de votre retour, je souhaite que la France s’occupe de vous pendant votre séjour outre-frontières.

Or depuis cinq ans, force est de constater que le réseau consulaire français recule. Des consulats ont été supprimés, de même que de nombreux centres et instituts culturels, l’aide sociale consulaire a diminué. Notre action culturelle et notre audiovisuel extérieur sont affaiblis par des dispositifs incohérents, leurs moyens ont été rognés.

La France doit renouer avec la volonté de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Cette voix de la francophonie que je souhaite porter et amplifier, pour défendre partout dans le monde nos valeurs : la fraternité, la démocratie et la paix.

Je m’engage donc pour renforcer le rayonnement de la France à l’étranger par une politique de partage, d’aide et de soutien. Comme l’éducation est au cœur de mon projet, c’est à l’éducation que je pense d’abord : je veux renforcer les établissements scolaires français à l’étranger, notamment en augmentant le nombre de bourses pour les enfants qui y sont scolarisés et en diminuant de moitié d’ici à 2012 les coûts de scolarité à la charge des familles. Je veux aussi mettre en place une protection sociale minimale pour tous les Français de l’étranger. Je veux enfin qu’une nouvelle impulsion soit donnée à notre politique culturelle à l’extérieur, car le rayonnement de notre pays passe par la valorisation de notre formidable création, dans toute sa diversité, et par la promotion de notre langue.

Enfin dans le cadre de la réforme des institutions et de l’instauration d’une 6e République, je m’engage pour que les Français à l’étranger soient représentés par des députés à l’Assemblée nationale.

Je vous invite à consulter l’ensemble de mes propositions, disponible sur le site www.ffe-ps.org.

Nous avons connu trop d’occasions manquées : je veux que cette élection présidentielle soit utile à la France.

La France est forte quand elle est solidaire, elle est belle quand elle est diverse, elle est écoutée quand elle est respectée.

Mes chers compatriotes, la France que je vous propose de bâtir ensemble, c’est une France plus juste et plus forte, qui retrouve sa place en Europe et dans le monde.

C’est l’objectif de mon Pacte Présidentiel, et c’est l’engagement que je prends aujourd’hui devant vous.

Dès le 22 avril, ensemble, faisons gagner la France.

Vive la République ! Vive la France !

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31.03.2007

Ségolène Royal lance un grand chantier national pour les 190 000 jeunes sans qualification

Chaque année 190 000 jeunes sortent sans diplôme ou sans qualification du système éducatif. C’est un immense gâchis pour la société et une source d’inquiétude majeure pour les parents.

Par ailleurs, les très petites entreprises du secteur de l’artisanat et du commerce évaluent à 500 000 le nombre d’emplois qu’elles offrent et qui ne sont pas pourvus.

Ségolène Royal a dit à l’occasion de la présentation de son Pacte présidentiel son souhait de mettre en œuvre le grand chantier national proposé par Jacques Delors pour l’emploi de ces jeunes.

A cette fin, elle propose la mise en place d’un « Contrat première chance pour l’emploi » qui s’appuie sur les expériences réussies de tutorat-tremplin conduites par les régions et qui permettra à ces petits artisans et aux commerçants de moins de 10 salariés de donner leur première chance à ces jeunes exclus du système.

L’Etat et les régions prendront en charge la totalité du coût de cette embauche pendant un an. Chaque entreprise n’aura droit qu’à un seul emploi.

Le jeune sera embauché par l’entreprise, tout en recevant en parallèle une formation dans le cadre d’un tutorat. Sa rémunération sera fixée en fonction de la situation de chaque jeune. Dans une logique de donnant-donnant, l’entreprise s’engagera à recruter le jeune si celui-ci a donné satisfaction.

Ségolène Royal a confié à Dominique Méda une mission afin de préciser rapidement les conditions concrètes de mise en œuvre avec les acteurs concernés afin que celui-ci soit opérationnel dès le mois de juin 2007.

20:33 Publié dans Déclaration Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Royal, politique

26.03.2007

Ségolène Royal au Grand Jury

Jean-Michel Apathie

Bienvenue dans le grand studio de RTL pour cette nouvelle édition du "Grand jury". Dans quatre semaines exactement, nous voterons pour le premier tour de l'élection présidentielle et vous êtes ce soir notre invitée Ségolène Royal, bonsoir.

Ségolène Royal Bonsoir.

Jean-Michel Apathie

Vous répondrez aux questions de Pierre-Luc Séguillon de LCI et de Nicolas Beytout du Figaro. Vous étiez hier à Marseille et vous avez hier matin été à la basilique Notre-Dame de Marseille, vous avez fait un vœu et au fond, on se rend compte en lisant cette anecdote que rapporte la presse ce matin que l'on vous connaît peu ou mal, Ségolène Royal ; êtes-vous croyante?

Ségolène Royal

D'abord il ne faut pas croire tout ce racontent les journalistes…

Jean-Michel Apathie

Alors c'est faux ?

Ségolène Royal

Oui, c'est absolument faux. Je suis allée faire une promenade… vous connaissez cet endroit de Notre-Dame de Lagarde qui surplombe tout Marseille. C'est un endroit magnifique et je suis allée faire une promenade, voilà…

Jean-Michel Apathie

Et vous êtes entrée dans la basilique…

Ségolène Royal

Et je n'ai pas fait de vœu mais peut-être pouvez-vous en faire un pour moi, Jean-Michel Apathie…

Jean-Michel Apathie

Non… alors je vais vous dire, c'est Le Parisien qui rapporte cette anecdote, pour être précis ce matin et il a une phrase entre guillemets…

Ségolène Royal

… mais que la presse s'amuse, c'est normal…

Jean-Michel Apathie

Il a une phrase entre guillemets dans votre bouche mais puisque c'est faux, on ne va pas y passer deux heures, il a une phrase… une phrase dans votre bouche : je ne vous dirai pas quel vœu j'ai fait parce qu'on ne le dit pas, voilà.

Ségolène Royal

Voilà, parce que la presse me demande si j'avais fait un vœu. J'ai dit : les vœux par définition sont secrets. Mais je vous confirme ce que je viens de vous dire. Cela dit, si vous le permettez, je pense que nous sommes dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle et je pense que les Français attendent un débat de fond, ils sont en train de nous observer, d'analyser, de comparer les projets et pour avoir été la candidate, la seule à les avoir écoutés pendant plusieurs mois, je puis vous dire que cette attente est extrêmement forte ; ils se demandent si la France peut reprendre la main et s'il y a un vœu à faire, un vœu rationnel…

Jean-Michel Apathie

Dans le grand studio de RTL…

Ségolène Royal

Un vœu dans le grand studio de RTL… un vœu pour l'avenir, c'est en effet que la France puisse reprendre la main, puisse reprendre son destin en main et que celui ou celle qui sera élu demain puisse enfin donner à la France toutes ses chances.

Nicolas Beytout

Il y a dans le livre qui paraît ces jours-ci, voilà, Ségolène Royal "Maintenant", vous parlez d'un sujet qui avait été évoqué cet été qui est votre mariage avec François Hollande ; alors puisqu'on en est aux affaires religieuses ou personnelles en tout cas, je voudrais vous demander pourquoi est-ce que vous avez après plusieurs dizaines d'années de vie commune avec François Hollande envisagé ce mariage ? Est-ce que c'était quelque chose qui correspondait à une démarche personnelle dont vous n'avez pas envie de parler, est-ce que c'était autre chose, peut-être quelque chose qui vous paraissait indispensable dans votre démarche politique ? Qu'est-ce qui a fait que vous avez parlé de ça ?

Ségolène Royal

Vous savez, ce livre, c'est d'abord le livre d'une cohérence, de la cohérence d'une femme qui est candidate à l'élection présidentielle, de la cohérence d'une histoire et de la cohérence de l'ensemble des problèmes que les Français ont évoqués au cours de cette démarche participative. C'est aussi la cohérence d'une expérience politique d'une femme engagée, d'une femme élue socialiste depuis plusieurs années et sur deux cents questions, il y en a quatre ou cinq qui concernent ma vie personnelle ; elles ont été données d'ailleurs avant même cette échéance présidentielle et je ne voyais aucune raison de les retirer parce que je crois que dans cette phase en effet, on peut répondre simplement à un certain nombre de questions sans tomber dans l'exhibitionnisme…

Nicolas Beytout Alors est-ce que vous pouvez répondre simplement à ma question, pourquoi ?

Ségolène Royal

Ecoutez, tout est dans le livre. Donc je ne vais pas ici dans une émission politique si vous le permettez, parler de faits personnels puisqu'ils sont, je vous l'ai dit, très marginaux dans cet ouvrage et j'entends utiliser le temps qui m'est donné et la façon dont je m'exprime grâce à vous et à travers vous aux Français, consacrer ce temps aux problèmes sérieux qui se posent aujourd'hui à la France. J'ai entendu les colères des Français, j'ai entendu la crise démocratique, la crise sociale, la crise économique et je pense que c'est à ces crises-là qu'il faut répondre et c'est l'objet du pacte présidentiel que j'ai élaboré avec eux, pour eux et sur lequel je veux aujourd'hui mériter leurs voix et les convaincre que demain, la politique ne sera plus jamais la même et qu'elle sera faite avec eux.

Pierre-Luc Séguillon

Lorsque vous avez annoncé votre candidature à Vitrolles en septembre, vous aviez dit que le drapeau et la Sécurité sociale étaient les ciments de notre appartenance commune. Et puis vous n'avez plus parlé de l'identité nationale. Soudain, vous en reparlez, vous en avez reparlé à Marseille à propos du drapeau que vous souhaiteriez voir chaque Français posséder et arborer au moment des fêtes nationales ; est-ce que vous revenez à ce sujet parce que vous avez le sentiment que Nicolas Sarkozy s'en est emparé et qu'au fond comme dirait madame Buffet, chacun se bat pour se partager ce thème ?

Ségolène Royal

Vous êtes un observateur attentif des débats politiques. Je n'ai jamais cessé d'évoquer cette question. Je l'ai fait lors de la déclaration de ma candidature à la candidature dans un lieu symbolique à Vitrolles, j'ai parlé de la nation et de la façon dont je la concevais. En France, la nation a la forme de la République, chacun le sait et je ne confonds pas la nation avec le nationalisme et cela m'a permis d'ailleurs d'appeler les Français à comprendre la nation telle qu'elle était devenue et la France, avoir le courage de se regarder telle qu'elle est, en se disant d'ailleurs que c'est une chance dans cette diversité, dans cette France colorée – j'ai même parlé de France métissée – certains me l'ont proposée (sic)… et c'est parce que j'ai le courage de refonder et de reparler de la force de la nation et de ce qui nous fait tenir ensemble non pas pour demander aux Français d'où ils viennent mais ils veulent aller en France – je crois qu'un candidat ou une candidate à l'élection présidentielle doit aborder cette question-là puisque demain je vais peut-être l'incarner, cette nation et donc c'est un débat éminent qui ne souffre aucune polémique politicienne comme je l'entends dire et comme vous venez de le rappeler…

Jean-Michel Apathie

Vous faites des réunions publiques depuis plusieurs mois, Ségolène Royal et on a noté – donc on a été un peu surpris de le noter seulement là – que dimanche dernier puis à deux reprises depuis, vous avez souhaité que ceux qui vous écoutaient, chantent la Marseillaise. Pourquoi vous ne l'avez pas fait avant ?

Ségolène Royal

Parce que je crois que nous sommes justement dans cette dernière ligne droite de l'élection présidentielle où je noue un contact direct avec les Français. Il y a eu le rassemblement des élus de la République, de ceux qui me soutiennent et qui m'ont donné leur parrainage et ce sont eux qui ont souhaité d'ailleurs entonner la Marseillaise et à Marseille, chanter la Marseillaise avec l'explication d'ailleurs que j'ai donnée… il y a des moments extrêmement forts, il y a eu des larmes qui ont coulé sur les joues, c'était impressionnant de voir la gauche reconquérir cet hymne trop longtemps laissé à l'extrême droite et au Front national. Rappeler alors que nous avons tous été les uns et les autres un peu troublés par les paroles de la Marseillaise – le sang impur qui abreuve nos sillons – je me souviens en avoir même parlé à François Mitterrand, je lui disais : mais apprendre ce chant un peu sanguinaire dans les écoles, est-ce qu'on ne pourrait pas changer les paroles ? Et François Mitterrand m'avait dit : mais ce serait un contresens historique insupportable. Certains ont perdu leur vie à travers le monde en reprenant cet hymne libérateur qui est celui des républicains qui ont voulu justement résister contre les armées de l'Ancien régime, qui ont essayé de mater la Révolution. Et j'ai rappelé à Marseille que Louise Michel faisait chanter tous les matins et tous les soirs la Marseillaise à ses élèves et qu'elle racontait qu'à chaque fois cela la faisait pleurer parce qu'elle avait elle-même été privée de liberté. Donc il ne faut pas faire de contresens ; cela mérite une explication. Mais je pense qu'on élève un peuple en lui expliquant quel est le sens de ces symboles et non pas en l'entraînant dans la confusion des valeurs et je le répète, je ne fais aucune confusion entre la nation dont on doit être fier et dont un chef d'Etat doit conduire chaque Français à être fier d'appartenir à la nation, et le nationalisme. Et pour la gauche, et pour la gauche… pour la gauche – et c'est Jaurès qui nous l'a appris – la gauche a réconcilié – et c'est Jaurès qui l'a fait le premier – la République et la nation et la nation et l'internationalisme parce que pour la gauche…

Jean-Michel Apathie

Un meeting du Parti socialisme doit se conclure par la Marseillaise…

Ségolène Royal

Attendez, je finis cela parce que c'est très important…

Jean-Michel Apathie

La campagne de Lionel Jospin par exemple, on n'a jamais entendu Lionel Jospin terminer ses meetings par la Marseillaise. Vous le regrettez ?

Ségolène Royal

S'il vous plaît, nous sommes dans le temps présent et je crois que c'est un débat éminent car les catégories populaires, j'ai regardé cela de très près, qui ont voté non à la Constitution européenne, l'une de leurs motivations, c'était une question existentielle sur le point de savoir si la France allait se diluer dans l'Europe et c'est par conséquent en refondant la nation, en étant très clair sur son identité et sur ce qu'elle signifie que je veux demain inviter les Français à se tourner vers les autres ; c'est le contraire de ce que dit Nicolas Sarkozy lorsqu'il associe…

Pierre-Luc Séguillon

C'est pour ça que vous choisissez le moment précisément où on célèbre l'anniversaire du traité de Rome, pour mettre cette insistance sur la nation ?

Ségolène Royal

Mais pourquoi pas ? C'est-à-dire que je crois que les Français pourront d'autant plus fortement se tourner vers l'Europe d'une part et regarder la mondialisation sans peur d'autre part s'ils ont la conviction que le chef de l'Etat saura préserver la nation dans ce qu'elle a de plus précieux, c'est-à-dire ses solidarités et sa sécurité sociale et en même temps qu'il ne fera pas de la nation un outil de repli sur soi, de nationalisme, de racisme, de lutte contre toutes les formes de différence, mais bien au contraire une nation rassemblée avec toutes ses différences et c'est cela aujourd'hui qui en fait la force et c'est pourquoi j'ai dénoncé avec beaucoup de vigueur l'amalgame qui a été fait par Nicolas Sarkozy entre l'immigration et l'identité nationale parce que c'est un amalgame dangereux ; au contraire, c'est quand la nation est bien au clair sur ses bases, qu'elle ne demande pas aux Français d'où ils viennent ni aux étrangers qui viennent aider l'économie française d'où ils viennent mais où nous voulons aller ensemble et avec quelles valeurs, voilà ma conception de la nation et je pense que c'est un débat qui mérite d'être tenu au plus haut niveau et qu'en tout cas tout candidat à l'élection présidentielle a la responsabilité de dire quelle est sa conception de la nation.

Nicolas Beytout

Vous savez que tous ceux qui concourent aujourd'hui au plus haut niveau, parlent de cette affaire d'identité nationale et vous avez dit, vous, depuis que la Marseillaise est redevenue un élément central de votre campagne : je ferai en sorte que les Français connaissent la Marseillaise et que dans toutes les familles, il y ait un drapeau national qui soit là. Vous avez ajouté : les sportifs français sont ceux qui connaissent le moins l'hymne national. Il y a quelques années, Jean-Marie Le Pen au moment de la coupe du monde de football, avait dit la même chose et il avait fait scandale. Est-ce qu'il avait raison ?

Ségolène Royal

Non parce que la nation vue par l'extrême droite, c'est du nationalisme, c'est du racisme…

Nicolas Beytout

Mais quand il regrette simplement que les sportifs ne connaissent pas l'hymne national, est-ce qu'il avait raison ?

Ségolène Royal

Les Français non plus ne connaissent pas les paroles et même d'une certaine façon nous n'osions plus les prononcer à cause de la phrase que je vous ai dite tout à l'heure, à cause du "sang impur qui abreuve nos sillons" et donc lorsqu'il y a un contresens sur cette phrase, c'est vrai qu'on n'ose pas la prononcer parce qu'il y a une forme de violence, d'où la nécessité d'expliquer les paroles.

Nicolas Beytout

Vous pensez que c'est parce que le texte est trop violent que les Français ne le chantaient plus ?

Ségolène Royal

Oui je pense qu'il y a un rejet de cette forme de violence et de cette mauvaise interprétation sur les paroles. Quant aux grands sportifs français, regardez leur fierté lorsqu'ils remportent les compétitions…

Nicolas Beytout

Je ne dis pas le contraire, c'est vous qui dites qu'ils ne connaissent pas l'hymne…

Ségolène Royal

Non je n'ai pas dit qu'ils ne la connaissaient pas, j'ai dit qu'ils ne la chantaient pas…

Nicolas Beytout

… que les sportifs français sont ceux qui connaissent le moins – c'est une dépêche AFP – le moins l'hymne national…

Ségolène Royal

Non non non, j'ai dit qu'ils ne prononçaient pas les paroles à cause justement de la violence de ces paroles et que ces paroles sont à tort interprétées comme des paroles xénophobes, ce qui n'est pas le cas. Mais regardez…

Nicolas Beytout

Et vous-même, vous l'avez chantée ? J'ai regardé des images, on ne vous voit pas chanter ?

Ségolène Royal

Mais regardez les sportifs… leur émotion, leurs larmes aussi lorsque l'hymne national retentit et que le drapeau français est levé et regardez ce qui se passe lors des victoires des grandes compétitions sportives où les Français déferlent devant les mairies et sur les Champs-Elysées avec le drapeau français ; eh bien moi je crois que l'on peut être fier de son drapeau, fier de son pays, fier de sa nation et en même temps farouchement tourné vers les autres et c'est comme ça que j'entends peut-être demain diriger la France, c'est-à-dire dire aux Français : nous sommes fiers d'être français et c'est pour cela que nous devons êtes accueillants aux autres et tournés vers le monde.

Nicolas Beytout

Est-ce que vous chantez cet hymne national ?

Ségolène Royal

Oui, ça m'arrive…

Nicolas Beytout

Les images qu'on voit, vous ne chantez pas…

Jean-Michel Apathie

On ne vous a pas vue chanter là oui…

Ségolène Royal

C'est un choix que je fais…

Jean-Michel Apathie

C'est un choix ! Vous souhaitez que tous les Français la chantent mais pas vous ?

Ségolène Royal

Ce n'est pas cela, c'est lorsque je suis dans des réunions publiques et que dix mille personnes chantent la Marseillaise, je suis devant eux, je les porte, je les écoute, je m'imprègne de cette force populaire, c'est le choix que je fais, je les écoute…

Jean-Michel Apathie

Vous n'êtes pas avec les gens qui chantent la Marseillaise.

Ségolène Royal

Si, mais…

Jean-Michel Apathie

Mais vous ne chantez pas avec eux…

Ségolène Royal

Mais quand je sentirai le moment venu de la chanter, je le ferai, Monsieur APHATIE, je vous préviendrai, rassurez-vous…

Jean-Michel Apathie

Toujours sur la question de la nation, Ségolène Royal, page 204 donc dans le livre que vous publiez : Marie-Françoise Colombani qui a fait ce livre d'entretien avec vous, vous demande quels sont les modèles que vous avez dans la République et vous citez : François Mitterand, Pierre Mendès-France, Jacques Delors, Jeanne d'Arc. Et en lisant ça puisque la question de l'identité nationale est aussi forte aujourd'hui dans le débat, on se dit "et Charles De Gaulle, qu'en pense-t-elle, Ségolène Royal ?"

Ségolène Royal

Elle en pense… je retiendrai une chose de Charles De Gaulle, c'est une idée que je partage, lorsqu'il dit : il n'y a pas d'incompatibilité entre la simplicité dans l'exercice du pouvoir et la grandeur de la France et d'ailleurs dans la réforme des institutions que je propose, dans cette 6e République, je crois que les Français la veulent, ils veulent une a