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21.10.2007

Le choc de méfiance

Tribune de Ségolène Royal à paraître vendredi 19 octobre dans les Echos

Nicolas Sarkozy nous disait que tout était prêt pour provoquer, dès l'élection , le choc de croissance, le choc de confiance. Il raillait la nécessité du dialogue social pour réformer. Il se gaussait du constat sur la dette publique. Il se moquait des propositions de création d'un « small business act » et d'une sécurité sociale professionnelle. Six mois plus tard, le choc promis est celui de la méfiance. Pourquoi : Archaïsme, arrogance, affrontement constituent les poisons par lesquels le pouvoir en place est en train de miner les chances de redressement de la France.

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13.10.2007

Ségolène Royal, le retour

Les éditos de Marianne

Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

Il y a des signes qu'il faut savoir lire, des présages que l'on doit décrypter parce qu'ils font sens et annoncent l'avenir. Ainsi, alors que Ségolène Royal paraissait responsable et coupable de tout ce qui n'allait pas à gauche, alors même qu'elle était accusée par tous les pères nobles comme Jospin d'être un porte poisse, une personnalité secondaire, une mystique délirante ; alors même encore qu'elle avait multiplié les fausses manœuvres, les tartarinades et les atermoiements, alors qu'elle semblait « out », elle redevient « in ».

Il semblerait que la situation se renverse en sa faveur. C'est en effet ce que laisse entendre par exemple l'essayiste aronien Nicolas Baverez qui, après l'avoir beaucoup combattu pendant la campagne présidentielle, parle d'elle comme « d'un atout » et constate dans le dernier numéro du Point qu'« elle est une alternative crédible à Nicolas Sarkozy pour peu qu'elle renonce à « mimer Blandine dans l'arène face aux éléphants », « qu'elle abandonne ses pratiques de gourou de l'ordre du Temple ségolènaire et qu'elle mobilise ses forces de gauche autour de la redéfinition du socialisme ». Voilà un intellectuel de droite qui la défend, mais il y a aussi un intellectuel de gauche, Bernard-Henri Lévy, strauss-khanien de cœur mais qui est devenu son conseiller après l'avoir combattu et qui, contrairement à d'autres, ne la lâche pas aujourd'hui. Il s'en faut, puisque Lévy s'en prend au contraire à Jospin qui avait voulu lui faire porter le poids de l'échec et la disqualifiait pour 2012. Le philosophe bat aujourd'hui les estrades médiatiques en répétant qu'elle a été une « bonne candidate », que sa campagne a été piégée, « sabotée de l'intérieur » également mais qu'elle pourra être encore meilleure lors de la prochaine échéance. Si elle sait dépasser, transcender les contradictions internes de la gauche. Enfin, sort en librairie un premier livre de l'intérieur du PS qui défend Ségolène Royal alors que les précédents l'accablaient. Il est écrit par Patrick Menucci, son ex-directeur adjoint de campagne et s'appelle tout simplement « Ma candidate ». Menucci qui est un sudiste sympathique la rend très sympathique, jusque dans ses hésitations et maladresses. Il renvoie les principales fautes de campagne sur le PS et inscrit la rénovation urgente dans la foulée élégante et décidée des thèmes qu'elle a soulevés : le rapport à l'autorité et à la justice sociale.

Non, Ségolène n'est donc pas toute seule, même si elle a été beaucoup lâchée par des dirigeants socialistes qu'agacent sa manière trop solitaire de travailler, ainsi que ses incertitudes sur la stratégie à suivre. Il reste quelques fidèles, et surtout un lien avec les Français qui n'a pas été coupé. Les sondeurs parlent d'un stock d'électeurs intact. Ceux qui ont voté pour elle ne le regrettent pas. On le constatera dans une enquête CSA que publie Marianne samedi. Non seulement les Français de gauche ne manifestent que peu de regret de leur royalisme mais ils se déclarent près à récidiver en 2012. Et ce sont ceux qui comptent symboliquement dans la bataille interne, les ouvriers et les employés, les classes modestes qui se montrent les plus royalistes, appréciant tout particulièrement son ouverture, son dynamisme, sa modernité, même si son déficit de compétences et de présidentialité demeure patent. Les femmes d'ailleurs se montrent plus sévères que les hommes. A l'inverse, DSK dispose de ces atouts de stature qu'il a encore renforcée grâce à son élection à la tête du FMI. Mais il demeure surtout le meilleur candidat de gauche… pour la droite. Alors que Bertrand Delanoë sur son petit vélo réalise une jolie percée dans la cote de popularité. Mais il n'est pas encore vu comme prêt pour la présidentielle face à Ségolène Royal qui, elle, a déjà disputé cette course. Il y a ceux qui ont couru le marathon et les autres. Même si elle a perdu, ça ne la disqualifie pas. Au contraire. Il reste à savoir comment elle aura digéré son échec.

Certains ne se sont jamais remis de semblable défaite comme Balladur et Barre. Même ceux qui ont rebondi ont mis du temps. Chirac a été, après 1988, plus d'un an en dépression. Mitterrand est reparti au feu immédiatement mais a porté le deuil intime de l'échec, du rejet près de sept ans, jusqu'à sa revanche contre Giscard. Ceux qui ne sont jamais revenus de cet enfer sont ceux qui n'étaient pas des politiques, qui n'avaient pas de parti. Ségolène Royal, elle, se veut fille de Mitterrand, non point par l'ADN mais par la guerre. Elle serait née sur les champs de batailles avec lui. Et on devrait le voir en novembre avec la sortie de son livre où elle suivrait sa pente, jure-t-elle, en la remontant. En remontant à la tête du parti dont elle sait désormais qu'il lui faut le contrôler jusqu'aux cheveux !

Jeudi 11 Octobre 2007 - 16:39
Nicolas Domenach

06.10.2007

EADS: Ségolène Royal s'étonne du silence de Nicolas Sarkozy

LA ROCHELLE, 5 oct 2007 (AFP) - L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est étonnée vendredi à La Rochelle que le président de la République Nicolas Sarkozy "ne se soit pas encore manifesté" dans l'affaire de possibles délits d'initiés au sein du groupe européen EADS.
"Je m'étonne que Nicolas Sarkozy, qui est d'habitude très rapide pour intervenir sur les faits divers, ne se soit pas encore manifesté sur cette question qui choque profondément les Français", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes au cours d'une visite à La Rochelle, avant de se rendre à Rochefort (Charente-Maritime) où elle a précisé qu'elle visiterait le site d'EADS-Sogerma.
Le président Nicolas Sarkozy, alors ministre, n'a pas eu connaissance des difficultés de l'Airbus A380, a déclaré vendredi le porte-parole de l'Elysée.
"Il faut que la transparence soit faite et je crois qu'au-delà des décisions de justice, il faut qu'il y ait par rapport à ce comportement totalement immoral du capitalisme financier un engagement très rapide de rembourser et que les sommes soient versées à une caisse de solidarité des ouvriers et des ouvrières d'EADS", a-t-elle ajouté.
Affirmant qu'elle partageait la "saine colère des ouvriers", elle a souhaité que "le président de la République, qui est très proche des dirigeants d'EADS", soit "à la source de l'information".
Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF, le gendarme de la Bourse), 21 responsables d'EADS ont vendu fin 2005-début 2006 de gros paquets d'actions peu avant l'annonce de retards de livraison de l'avion géant A380, qui ont plongé Airbus dans une crise profonde et fait chuter les cours.
De nombreux dirigeants du groupe européen EADS, dont Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy, sont cités dans cette affaire de délit d'initiés.

03.10.2007

En campagne pour les primaires sénatoriales socialistes

Bonjour à toutes et à tous

A compter de ce jour, je m´engage dans la campagne des primaires pour la désignation des candidats socialistes pour l´élection sénatoriale de 2008. La Fédération des Francais de l´étranger du Parti Socialiste a en effet décidé d´organiser des primaires pour la désignation de ses candidats. C´est une initiative à saluer, et l´instauration d´une démocratie plus participative est clairement un signe de renouveau.

Ayant participé activement á la dernière campagne présidentielle, à la fois au sein du PS et dès les premiers jours de Désirs d´Avenir, pour lequel nous avions animé avec Dominique Méda le premier débat participatif à Paris (sur le modéle social), je ne peux que me féliciter de cette décision. Et si j´ai décidé de me porter candidat pour cette primaire innovante, c´est pour porter les idées qui me tiennent à coeur, celles qui doivent faire le Parti Socialiste de demain, celles que notre candidate Ségolène Royal a ébauchées au cours de sa campagne présidentielle, et que je développerai sur mon blog de campagne dans les semaines qui viennent.

Je serai donc moins présent sur ce blog, que je reprendrai ensuite, mais merci de consulter désormais pour suivre la campagne mon site de campagne:

http://alainlefebvre.blogspirit.com/

Alain LEFEBVRE

02.10.2007

Une diplomatie incohérente, par Ségolène Royal

Tribune publiée dans "Le Monde"

Paris, le 27 août 2007, Conférence des ambassadeurs. Abordant l'épineuse question de la Turquie, Nicolas Sarkozy tient des propos qui, dans sa bouche, prennent une résonance singulière. "La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts" dit-il devant une assistance médusée.

Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union semblait pourtant réglé. Association oui, adhésion non : Nicolas Sarkozy en avait fait une question de principe, lors de notre débat. Quelques mois plus tard, frappé par un principe de réalité jusqu'alors soigneusement nié, il dessine une perspective radicalement différente. La fermeture qu'il prônait se voit du jour au lendemain disqualifiée. On pense même à supprimer le referendum obligatoire préalable à une éventuelle adhésion. Pour la Turquie, tout redevient possible !

Ce revirement n'est pas isolé. 14 Juillet 2007 : les principales forces politiques libanaises dont le Hezbollah sont invitées à dialoguer à la Celle Saint Cloud, dans la résidence du ministre des Affaires étrangères. "Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l'une des composante du dialogue national et à ce titre, il est invité aux rencontres inter-libanaises" affirme ce jour là le porte-parole de l'Elysée. Oubliée la déclaration de Nicolas Sarkozy lors du forum de l'ump du 12 décembre 2OO6 à propos d'une candidate qui avait rencontré la commission des affaires étrangères du liban en présence de l'ambassadeur de France et dans laquelle ne siégeait qu'un seul député du Hezbollah : "le fait d'être un élu ne suffit pas pour discuter. Hitler avait été élu, ça n'en fait pas un interlocuteur respectable et responsable". La polémique fut entretenue une bonne semaine : faute lourde, inexcusable, inqualifiable, méconnaissance des questions internationales, et pour tout dire, incompétence.

Et que dire du dossier iranien et de l'accès à la filière nucléaire qui inclut la maîtrise de l'enrichissement de l'uranium ? Je m'y suis toujours opposée tant que les garanties de contrôle n'étaient pas apportées. Aujourd'hui, faute de n'avoir pas défendu cette attitude préventive et responsable, on nous exhorte par la voix du ministre des affaires étrangères à "nous préparer au pire", à la guerre, ne faisant d'ailleurs que traduire l'incroyable déclaration de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, évoquant une alternative menaçante entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

Cette succession de retournements inspire de l'inquiétude et pose la question de la crédibilité de la parole de la France.. Récemment nos partenaires se sont encore demandés s'il s'agissait d'improvisation ou de provocation lorsque le Président a fait du nucléaire civil, à la tribune des Nations-Unies "la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités se doter de l'arme nucléaire" confondant, une nouvelle fois, l'achat d'électricité et la maîtrise de la totalité de la filière avec l'enrichissement de l'uranium qui permet, tôt ou tard, de passer du civil au militaire.

De tels revirements, soudains et imprévisibles, soulèvent des questions aujourd'hui sans réponses. Pourquoi cette navigation à vue, cette gestion erratique du dossier iranien ? Comment le Hezbollah infréquentable du mois de décembre 2006 est-il devenu l'interlocuteur acceptable du mois de juillet 2007 ? Que s'est-il passé pour que Nicolas Sarkozy change son fusil d'épaule sur la Turquie ?

A aucun moment le Président ne s'en est expliqué. A t-il péché par ignorance des contraintes internationales ? A-t-il délibérément oublié de révéler ses intentions ? Se doutait-il que certains de ses choix ne seraient pas tenables ? Si oui, pourquoi n'a t-il rien dit ? Chauffer l'opinion, donner l'apparence de la fermeté puis se dédire face aux risques d'isolement : serait-ce cela la nouvelle diplomatie de rupture ? C'est la perte de crédibilité de la France qui est en jeu aujourd'hui, et ce qui la menace c'est la banalisation de sa parole, une marginalisation très difficilement récupérable par la suite.

Dans le "concert des nations", notre pays apportait traditionnellement un contrepoint salutaire. Elle faisait entendre une musique différente, parfois mezzo voce, parfois fortissimo, mais toujours en harmonie avec deux valeurs cardinales : le sens du bien commun et l'éthique de la responsabilité qui interdisait d'utiliser la politique étrangère à des fins de politique intérieure.

Ex-Yougoslavie, Irak, Liban, Darfour, conflit israélo-palestinien : autant de théâtres sur lesquels la France récusait les fausses évidences et les manichéismes simplificateurs. A l'idéologie facile, à l'intérêt étroit, elle préférait l'analyse rationnelle des faits, ultime boussole d'un monde singulièrement complexe, ultime condition à une action crédible et respectée.

Or quel spectacle la France donne-t-elle depuis quatre mois ? En Europe, celui d'un président qui tire la couverture à lui, exaspérant nos plus fidèles partenaires et notemment l'Allemagne, ahurie par la dramatisation du dossier iranien, agacée par la récupération du traité, choquée par l'ingérence sur l'abandon du nucléaire, et blessée d'entendre Nicolas Sarkozy appeler Angela Merkel, "cette femme de l'est" ! Bourde sur bourde. En Afrique, celui d'un président qui dénonce avec brutalité ce continent comme "absent de l'histoire, empêtré dans l'éternel recommencement où jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir", pour ensuite s'afficher avec les chefs d'Etat gabonais ou libyen. Où est la cohérence, où est le message, où est la dignité ?

Au fond, seul le rapprochement avec Washington donne à la diplomatie de Nicolas Sarkozy un semblant de cohérence. A l'heure où l'Amérique remet en cause ses choix de politique étrangère, à l'heure où le rapport Baker prône une nouvelle approche fondée sur le dialogue plutôt que sur le rapport de force militaire, à l'heure où même nos amis britanniques marquent leurs distances, Nicolas Sarkozy fait le choix de l'atlantisme. C'est une décision lourde de conséquence et pourtant, là encore nulle explication, aucun débat au Parlement.

Le Président de la République serait bien avisé de se ressaisir et de s'inspirer de cette sage recommandation du rapport Védrine : amis, alliés mais pas alignés. C'est en ne cédant pas à la tentation des surenchères et de la politique spectacle que la France, dont la crédibilité est indispensable à la paix du monde, disposera d'une diplomatie forte et écoutée, avant qu'il ne soit trop tard .

Ségolène Royal

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