« 2007-05 | Page d'accueil | 2007-07 »

30.06.2007

Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision

Vous pensez que quelque chose ne va plus du tout à la télévision? Vous en avez assez des sondages qui forment et déforment l’opinion, des superstars du journalisme qui, partout, sur les chaînes privées ou publiques, monopolisent la parole ? Vous vous dites que les principes de la démocratie sont de plus en plus bafoués par une dictature médiatique à laquelle il est primordial, urgent, de s’opposer ? Vous estimez qu’il ne s’agit plus de critiquer, de râler dans son coin, au café ou sur Internet, et vous voulez agir, avec intelligence et efficacité, pour un véritable pluralisme à la télévision ? Alors, n’hésitez pas, rejoignez le RDT, le Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision. Il est fait pour tous et a besoin de vous.

Indépendant de toute organisation politique, composé de femmes et d’hommes de tous âges, de toutes régions et de tous milieux, le RDT propose une action novatrice, ambitieuse, qui tou-che au coeur même du système d’influence : les sondages et les journaux télévisés. C’est là, à ces deux niveaux de la prétendue consultation des Français et des heures d’audience maximale, que se concentre la manipulation de l’opinion. Et c’est donc là, aussi, que se trouvent les le-viers de la transformation démocratique.

1. Interdire la réalisation de tout sondage ou enquête d’opinion dans les 3 mois précé-dant un scrutin électoral
Qu’on nous comprenne bien : la mesure des intentions de vote ou des opinions n’est pas, en soi, un mal ; elle le devient quand, à force d’être ressassée, matraquée, elle se mue en un ins-trument de conditionnement, voire d’intoxication, de l’opinion. Avec une telle réforme, l’homme politique, le journaliste, l’électeur ne seront plus gouvernés, obnubilés, influencés par le dernier chiffre d’IPSOS ou de BVA et c’en sera fini de ces commentaires, oiseux et pernicieux, qui oc-cupent aujourd’hui tant d’espace médiatique. Le débat électoral, libéré des sondages, retrouvera toute sa valeur. Il gagnera en intelligence, profondeur, précision. On pourra enfin avoir le temps de discuter des projets de société, des réformes proposées, de leurs modalités concrètes, etc. Bref, quel que soit le résultat des urnes, la politique sera la grande gagnante.

2. Démocratiser les journaux de TF1 et de France 2 grâce à la formule participative suivante : pendant une semaine, un journaliste-superstar de la chaîne (ne pratiquons pas, nous, l’exclusion !) ; la semaine suivante, un journaliste extérieur (presse écrite, radio, Internet, etc.), volontaire, rémunéré et représentatif d’un courant d’idées ou d’opinion ; la semaine d’après, un citoyen, volontaire, rémunéré, représentatif d’un milieu social ou d’une question de société. Et ainsi de suite durant cinquante-deux semaines…

Utopique ? Seule l’habitude de la confiscation nous fait croire qu’un tel dispositif pluraliste est impossible. L’immense réservoir d’expériences, de compétences, journalistiques ou citoyennes, aujourd’hui inexploitées, prouve au contraire combien cette formule est crédible et réaliste.

Scandaleux, parce que TF1 (passe encore pour France 2, service public…) est une chaîne pri-vée ? Mais où vivons-nous ? L’argent donnerait-il tous les droits ? Et bien non, cent fois, mille fois non : l’information, dès lors qu’elle est l’objet d’une diffusion de masse, ne saurait être la propriété de quiconque, ni de Bouygues ni de l’État ; elle doit appartenir à tous, et donc être l’oeuvre du plus grand nombre.

Ainsi, au lieu de subir l’inamovible PPDA, le gentil Pujadas et autres professionnels conformes, qui nous assènent soir après soir toujours les mêmes contenus, toujours les mêmes messages, toujours les mêmes invités, on aura des journaux variés, inattendus, reflétant aussi bien l’actualité du jour que les multiples composantes, problèmes ou espoirs de la population. Grâce à un tel dispositif, la télévision commencera à devenir un formidable instrument de dé-mocratie et d’écoute des autres. Et il va sans dire que la formule pourra bien sûr, à terme, être déclinée sur les chaînes d’information en continu (LCI, I-Télé, BFM-TV, etc.) ou bien encore dans les émissions de débats.

Si cette action vous intéresse, rejoignez le RDT ! Avec vos expériences, vos savoir-faire, vos idées, votre imagination ; quels que soient vos moyens et votre temps disponible. Même si vous manquez de temps, même si vous êtes déjà occupé(e) par d'autres engagements (asso-ciatifs, syndicaux, etc.), n'hésitez pas à adhérer car la loi du nombre sera déterminante. Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces, plus nous aurons de chances de l’emporter ! Nous devons unir nos forces et utiliser tous les moyens légaux (médiatisation, interpellation des pouvoirs, pétition, manifestation, etc.) pour imposer ces réformes. La tâche, n’en doutons pas, sera rude, de longue haleine, car cette petite caste ne renoncera pas faci-lement à la source de son pouvoir et de son argent ! Mais des soutiens existent (médias, syndicats, associations, etc.) et ce combat, fondamental, doit être engagé.

Demain, ensemble, créons la télévision pluraliste de l’avenir !

Le Comité des 64 fondateurs
(Association loi 1901, n° W372008310, J.O. en cours)

Autant que de millions de Français, tous concernés, qu'ils soient ou non directement sondés, qu'ils regardent ou non la télévision :
ADAM-CARDOSO NADEGE (25 ans, étudiante, porte-parole Calvados), ALPHANDERY PIERRE (53 ans, chercheur), ANTAR FATIHA (46 ans, assistante voyage), BARRAUD YVES (60 ans, journaliste), BARTA CLAUDE (53 ans, employé de banque), BENEZET CHRISTIANE (68 ans, retraitée), BITOUN PIERRE (52 ans, sociologue, président), BITOUN ROMAIN (19 ans, étudiant), BOBBE SOPHIE (46 ans, an-thropologue), BOUCHENOIRE NADINE (52 ans, auxiliaire de vie, porte-parole Indre-et-Loire), CAMPION FREDERIC (46 ans, technicien économie et finances, porte-parole Gers et Haute-Garonne), CAMPION PIERRIC, (15 ans, collégien), CANSOT CELINE (29 ans, chô-meuse), CANSOT SEBASTIEN (27 ans, intermittent du spectacle), CAPORAL CAMILLE (38 ans, assistante-réalisatrice), CARPENTIER ANNE (59 ans, journaliste et gérante SARL Presse, porte-parole Lot-et-Garonne), CAVEDO CATHERINE (48 ans, mère au foyer), CAVEDO SASHA (19 ans, lycéenne), CERES MARIE (58 ans, juge prud’homale), CORRET CHANTAL (63 ans, retraitée), DAVENE CLAUDETTE (65 ans, retraitée fonction publique), DESBROSSES BERNARD (60 ans, ingénieur d’études), DREYFUS SYLVIE (54 ans, responsable d’association), DRIEUX DIDIER (48 ans, commercial), DUBREUIL BAPTISTE (20 ans, BTS-MUC), DUPONT YVES (60 ans, universitaire, porte-parole Lot), DUPRE LUCIE (36 ans, ethnologue), FACHE ALEXANDRE (32 ans, journaliste), FALCAÕ DE SOUZA EDSON (47 ans, professeur, porte-parole à l’international), FONTALIRANT FREDERIC (37 ans, professeur, porte-parole enseignement), FORTIER AGNES (46 ans, sociologue), FOURNIER ANNIE (56 ans, psychologue), FREYCENET MARIE-ALINE (36 ans, agent hospitalier), GARIDOU SOPHIE (50 ans, orthophoniste), GATINEAU CATHERINE (44 ans, graphiste), GRANDJEAN PERNETTE (59 ans, géographe, porte-parole Marne), IBBA CARLO (53 ans, chef d’entreprise, porte-parole Maine-et-Loire), KAMENKA PATRICK (64 ans, journaliste), KROP PASCAL (53 ans, journaliste), KUSZMIDER BARBARA (53 ans, enseignante), L’HERMITE PATRICK (55 ans, artiste peintre), LEFEBVRE CATHERINE, (54 ans cartographe, trésorière), LEGUEVAQUE LAURENT (39 ans, écrivain), MALA ALAIN (57 ans, éditeur, porte-parole Sarthe), MARQUES-PEREIRA JAIME (54 ans, professeur des universités), MAZE FREDERIC (35 ans, journaliste indépendant, vice-président), NANTEUIL GUY (63 ans, journaliste), NOUGAREDE OLIVIER (53 ans, chercheur), OUESLATI NAJIB (54 ans, enseignant), PANTALEON CLEMENCE (20 ans, étudiante, porte-parole médecine), PANTCHECHNIKOFF EUGENIE (87 ans, retraitée), PASQUIER CLAUDINE (42 ans, attachée de presse, porte-parole Bretagne Nord), PERZ FREDERIC (44 ans, informaticien), POL PATRICIA (48 ans, maître de conférences, porte parole à l’international), PONCIN AURELIEN (20 ans, BTS, porte-parole BTS), RAVAUD ANNIK (documentaliste), REY JEAN (54 ans, psychologue), ROYER YVES (52 ans, enseignant), SARTIRANO ANNE (documentaliste retraitée, porte-parole Vaucluse), SARTIRANO CLAUDE (70 ans, journaliste retraité), TAYEAU MICHEL (76 ans, retraité), VERNET ANNE (20 ans, étudiante, porte-parole étudiant), WALLET VALERIE (43 ans, informaticienne, porte-parole Isère), ZALEFSKI STEPHANE (49 ans, professeur des universités).

Rassemblement pour la démocratie à la télévision (RDT)

28, rue d’Entraigues 37000 Tours
Tél. 02 47 39 58 30 (de 14h à 18h) / 06 71 08 96 45
Courriel : rasdemtv@orange.fr

29.06.2007

Déficit : la France, mauvais élève de l'Europe.

Message de Ségolène Royal

1/ Le déficit public de la France s'élève à 2,6% du PIB fin 2006. La France a pris l'engagement devant la Commission Européenne, dans le cadre du "programme de stabilité des finances publiques françaises" présenté en janvier 2006 de réduire ce déficit à zéro (et donc de ramener les comptes à l'équilibre) en 2010.

Les hypothèses présentées pour atteindre cet objectif était à la fois une croissance de 2,25% par an en moyenne et une maitrise renforcée de la dépense publique.

2/ Cet engagement s'inscrit dans le cadre des régles européennes en la matière, respectées strictement par l'ensemble de nos grands partenaires européens [pour info, dans la zone euro, seuls l'Italie et le Portugal ne respectent aujourd'hui pas le ratio maximum de 3% de déficit/PIB].

3/ La Commission Européenne vient, le 13 juin dernier, de rappeler la France à l'ordre (par la voix de son Commissaire à l'économie, Joaquim Almunia).

Elle a ainsi indiqué que la stratégie budgétaire mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy laisse entrevoir une aggravation des déficits et ne répond pas aux engagements pris.

Notamment, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France ramènerait son déficit à zéro en 2012, et non plus en 2010. Ce décalage est "contraire à un accord de tous les pays de la zone euro conclu en avril 2007" a estimé la Commission.

Comment peut-on vouloir définir les règles pour vivre ensemble (le "mini-traité"), les imposer à tous, et au même moment ne pas les respecter soi-même ?...

28.06.2007

Ségolène Royal invitée du 20h sur TF1.

Interrogée sur son absence au congres national du Parti Socialiste samedi, Ségolène Royal répond : « j’avais des obligations dans ma région et ça m’a fait plaisir, après ce long temps de campagne nationale de retrouver mes bases. Et je trouvais que c’était bien de ne pas être là puisqu’il s’agissait de faire le bilan de l’élection présidentielle. J’ai trouvé que la parole avait le droit d’être libre, je crois qu’elle l’a été, avec les points forts et les points faibles, mais le fait que tout ait pu être dit permet de se tourner vers l’avenir. »

A propos du calendrier, elle estime que « c’est une bonne chose qu’il soit là, ce qui est important maintenant, c’est de savoir comment nous allons le remplir et je crois que l’énergie qui s’est déployée dans le pays lors des élections présidentielles et lors des élections législatives aussi, les 17 millions d’électeurs qui sont venus vers la gauche, aujourd’hui attendent très fortement que cette énergie puisse continuer et c’est pourquoi j’appelle tous les socialistes qui sont déjà 300 000, plus tous ceux qui ont envie, à réfléchir avec nous à la façon dont on peut répondre aux défis qui se posent à la France, aux Français aujourd’hui, car les problèmes demeurent : la question du chômage, la mondialisation, la baisse du pouvoir d’achat, la dette, les déficits sociaux, comment est-ce que la fiscalité peut être juste, et la question centrale pour les socialistes et pour la gauche, c’est notre question de toujours, c’est de savoir comment on peut lutter contre les inégalités en permettant à chacun de réussir sa vie avec la garantie d’une égalité des chances. »

Ségolène Royal revient sur ses propos de la semaine passée sur les idées émanant du Parti Socialiste qu’elle a dû défendre pendant la campagne et explique :«Je sais que la déclaration que j’ai faite a surpris, pourtant, je l’ai toujours dit, je crois qu’on ne peut plus présenter de projet par slogan et qu’il faut écouter les gens et sur un sujet comme celui des 1500 euros bruts, pendant les débats participatifs, j’ai entendu ceux qui pensaient que c’était pour tout de suite et qui n’y croyaient pas et ceux qui ont compris que c’étaait pour dans cinq ans et qui se disaient que ce n’était pas très généreux, donc je veux dire par là qu’aujourd’hui, la tâche des socialistes, c’est de faire en sorte que chaque proposition annonce bien la façon dont elle est financée, la façon dont elle est mise en œuvre et la façon dont elle répond concrètement aux préoccupations des gens. Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. »

24.06.2007

PS: le commentaire de Civis

Grand donneur de leçons de démocratie tous azimuts, le parti socialiste s'en affranchit aisément lorsqu'il s'agit de son fonctionnement interne. Nées du congrès du Mans en 2005, ses instances dirigeantes : conseil national, conseils fédéraux, commissions administratives de section (dont émanent le bureau national, les bureaux fédéraux et les bureaux de section) ont été élues à la proportionnelle, à partir des voix recueillies par les différentes motions auprès des délégués censés représenter les quelques 100 000 adhérents de l'époque. Je dis "censés " par ce que le processus de leur désignation (généralement par le secrétaire de section) est loin d'être transparent et reflète dès le départ le rapport de force découlant du congrès antérieur.

Au demeurant, même si l'on admet que ces instances étaient à l'époque représentatives, il n'en va plus de même aujourd'hui, et de très loin, puisque le nombre des adhérents a quasiment triplé. Il n'y a pas d'autre raison de demander un congrès anticipé, mais excusez du peu, celle-ci est de taille ! Et nous savons tous, pour connaître l'histoire de France, combien explosive peut se révéler la situation politique, lorsque le pays légal ne correspond plus au pays réel, lorsque la carte ne reflète plus le territoire. Bien sûr, ce qui vaut pour le pays, vaut pour tout parti qui se prétend démocratique.


Le comble est sans doute que, pour rétablir un semblant de représentativité, certains en viennent à prétendre que les nouveaux adhérents "se sont évaporés " ! Ah bon ? Comme c'est commode ! Et combien, s'il vous plait ? Comment les avez-vous comptés (on peut payer sa cotisation jusqu' à 6 mois après la fin de l'année concernée) ? Parce qu'ils ne viennent plus ? Ca, on peut le comprendre.

D'autres s'emploient à tout faire pour les dégoûter dans l'espoir qu'ils s'en aillent, de préférence avant le congrès...

Certains dont le premier secrétaire (!) vont même jusqu'à rappeler que la cotisation est très chère la deuxième année et qu'il faut la payer !

La première des réformes à entreprendre est celle du fonctionnement démocratique de ce parti. Alors, pour commencer, exigeons la tenue anticipée du congrès, dès l'automne 2007.

23.06.2007

Discours de François Hollande au Conseil national du 23 juin 2007

Les propositions adoptées au Bureau National du PS. A vous de vous faire une idée. Ségolène Royal n´était pas présente

À l’occasion de Conseil national du 23 juin 2007, François Hollande a évoqué des premières pistes d’analyses des deux défaites à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Il est également revenu sur les risques qu’une gouvernance de droite allait faire peser sur la France durant les cinq prochaines années avant de conclure sur le calendrier de la rénovation voté à l’issue de la réunion.

Lire la suite

20.06.2007

Une réaction à l´appel

Pourquoi en appeler à Ségolène Royal, plutôt qu'à une refondation en général ?
Elle ne me parait pas forcément la mieux placée, elle a bénéficié du vide et des hésitations qui s'étaient créés, mais elle ne les a dépassé qu'en partie, voire les incarne presque maintenant.

Il ne s'agit pas de renforcer la personnalisation déjà prégnante, et d'occulter les responsabilités aussi de la candidate. Elle avait d'ailleurs annoncé qu'elle tirerait les responsabilités de la défaite.

Jamais durant la campagne on a réussit à prendre la main, comme là avec la TVA. Cela pose question. De plus on voit que le PS fait finalement mieux que Ségolène, au premier comme au second tour...

Quant à la responsabilité du PS, oui, il y a eu un manque de travail en amont. Mais ensuite, c'est de la mauvaise foi. Quant on sait que par exemple DSK a fait autant de meeting de soutien que Ségolène pratiquement.

Et surtout quant on voit l'impréparation et la désorganisation entre les équipes de campagnes et le PS... Les partisans de Royal en conviennent, Dray, Rebsamen et Bianco qui ont dit qu'ils ne pourraient continuer à la soutenir que si elle changeait. Valls ou Carrèche qui on sévèrement critiqué la gestion des difficultés de couple avec Hollande, et l'impact que ça a eu sur la campagne. Ou Peillon, qui a dit plusieurs fois : quel gâchis, quand on ouvrira les placards du 282, tomberont des dizaines de notes de prix Nobel, de spécialistes, de politiques de terrains, inutilisées...

Elle a un rôle, peut incarner un courant, mais il me parait bien tôt pour placer nos billes rénovatrices : ne refaisons pas, sur une ambition désincarnée de rénovation, ou sur des sondages, des choix précipités.

Donc plutôt que défendre à priori, jugeons sur projet, non ?

Romain Janhsen, Réformisme et Rénovation

18.06.2007

Appel à Ségolène ROYAL

Nous sommes des militants de Désirs d’Avenir, depuis les premières heures, et membres du Parti Socialiste. Les défaites que nous venons de vivre nous conduisent à lancer cet appel, pour éviter la démobilisation après les mois difficiles que nous venons de vivre.

Votre souci de l’intérêt général, votre vision moderne du monde et de la France, votre refus de vous laisser brider par les tabous d’un autre siècle et votre vision d’une société solidaire vous ont permis de mobiliser 17 millions de français, mais aussi la majorité des militants PS, et des centaines de milliers de participants et d'adhérents de Désirs d'Avenir. Aujourd'hui, nous sommes prêts à vous soutenir dans vos projets et à faire de vous à la fois le chef d’une opposition déterminée qui conserve le souci de l’intérêt général, et une force de proposition qui pèse dans les débats politiques.

Pour cela, il est nécessaire que le Parti Socialiste se restructure rapidement, et se dote d’une nouvelle direction dont vous êtes la seule à même de prendre la tête. Et le Parti Socialiste doit être modernisé avec un fonctionnement plus démocratique : les militants doivent se prononcer directement sur un certain nombre de sujets, sur le modèle de Désirs d' Avenir, alors que la parole est aujourd'hui confisquée par un petit nombre, sur le modèle de la société française. Le projet du Parti Socialiste pour 2012 doit être le fruit d'un travail participatif de ses militants, et nous, militant de Désirs d'Avenir, nous sommes prêts à nous y investir.

Enfin, nos défaites de mai et juin mettent en évidence les difficultés d’une approche floue, avec un projet qui, quelle que soit sa valeur, ne représente qu’un plus petit commun dénominateur entre courants antagonistes. Les socialistes, les militants de Désirs d’Avenir, les Français attendent de vous une orientation claire, forte, moderne et originale. Comme les grands partis socialistes européens modernes, nous ressentons le besoin de porter les valeurs des social-démocraties modernes que vous aviez mises en avant en 2006, et notamment:

- la volonté de porter dans le monde les valeurs d´entráide et de solidarité, plus à même que les valeurs libérales de permettre à l´humanité de survivre sur une planète meurtrie par des politiques à courte vue
- la démocratie participative et décentralisée, qui consacre le droit pour chaque citoyen, en tant que salarié ou consommateur d'exercer une influence sur la société sur la production, sur l'organisation et les conditions du travail,
- la liberté face aux risques d’arbitraire,
- les solidarités collectives qui cimentent la société et assurent la sécurité dans un mode incertain,
- l’égalité, fondement de notre société
- la continuation démocratique et déterminée de la construction européenne, qui est notre avenir

C´est pourquoi, malgré les obstacles, nous, socialistes et membres de Désirs d´Avenir, nous appelons au changement le plus rapide possible, et nous voulons que vous en premiez la tête.

Alain Lefebvre
Désirs d´Avenir Europe du Nord

07.06.2007

Ségolène Royal a l’intention d’organiser un séminaire de travail

"La théorie de l'opposition frontale, je n'y crois plus du tout."

Ségolène Royal a l’intention d’organiser un séminaire de travail cet été.
Pour réfléchir sur les points forts et les points faibles de sa campagne, "il faudra faire une analyse, une remise à plat", déclare Ségolène Royal, estimant qu'il n'y avait pas eu "assez de relais sur son pacte présidentiel".

Elle se dit partisane d'une "opposition constructive". "La théorie de l'opposition frontale, je n'y crois plus du tout, les Français ne veulent plus entendre « on abroge tout », si on brandit trop l'opposition frontale sur tous les sujets, on n'est plus crédible".

"Je l'avais déjà dit pendant la primaire, et qu'est-ce que j'ai pas entendu!? La droite parle maintenant de façon différente, il faut repenser les choses"

"Quels que soient les résultats des législatives, il faut une reconstruction, il faut être dans la contre-proposition beaucoup plus qu'on ne l'a été", pour "dessiner une alternative".

05.06.2007

Pour nous, qui voulons rénover le socialisme

J'avais l'intention d'écrire un texte sur la rénovation nécessaire du socialisme, j'ai ouvert mon ordinateur, et j'ai trouvé un message qui pointait vers ce fabuleux texte, écrit en 1993, publié à nouveau par Edgar Morin le mois dernier dans Témoignage Chrétien. Je ne peux rien écrire de plus. Vous y trouverez tout ce dont nous avons besoin pour alimenter notre réflexion. je vous proposerai dans les semaines qui viennent un débat à parti de ce magnifique texte sur le socialisme.

Les leçons et les espoirs d’une défaite annoncée, par Edgar Morin

« Je vous propose un article très actuel, écrit… en 1993 », s’amuse Edgar Morin au lendemain de la troisième défaite consécutive du PS à une présidentielle. L’article, publié en son temps dans les colonnes du Monde, et titré "La pensée socialiste en ruine", demeure intact. Tragiquement intact. Comme si tout le PS et ses gauches satellites, après la chute du Mur, étaient devenus Hibernatus. La formule social-démocrate que les socialistes français ont longtemps refoulée est peut-être déjà dépassée. Entre désespoir et colère, il nous faut lire ou relire ce texte de grand souffle. Edgar Morin recense les chantiers immenses du travail intellectuel que la gauche doit accomplir, le besoin d’inventer une vision du monde et la nécessité de retrouver le goût des “redresseurs d’espérance” ».

« Le sens du mot socialisme s’est totalement dégradé dans le triomphe du socialisme totalitaire, puis totalement discrédité dans sa chute. Le sens du mot socialisme s’est progressivement étiolé dans la social-démocratie, laquelle est arrivée à bout de souffle partout où elle a gouverné. On peut se demander si l’usage du mot est encore recommandable. Mais ce qui reste et restera ce sont les aspirations qui se sont exprimées sous ce terme : aspirations à la fois libertaires et « fraternitaires », aspirations à l’épanouissement humain et à une société meilleure.

Gonflé par la sève de ces aspirations au cours du dix-neuvième et du vingtième siècle, le socialisme a apporté une immense espérance. C’est cette espérance, morte aujourd’hui, qui ne peut être ressuscitée telle quelle. Peut-on générer une nouvelle espérance ? Il nous faut revenir aux trois questions que posait Kant il y a deux siècles : « Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? » Les socialistes du dix-neuvième siècle avaient bien compris la solidarité des trois questions. Ils ne répondirent à la troisième qu’après avoir interrogé les savoirs de leur temps, non seulement sur l’économie et la société, mais aussi sur l’homme et le monde, et l’entreprise d’investigation la plus complète et synthétique fut opérée par Karl Marx avec l’aide de Friedrich Engels. Sur ces bases cognitives, Marx a élaboré une pensée qui a donné sens, certitude, espérance aux messages socialistes et communistes.
Aujourd’hui, le problème n’est plus de savoir si la « doctrine » marxiste est morte ou non. Il est de reconnaître que les fondements cognitifs de la pensée socialiste sont inadéquats pour comprendre le monde, l’homme, la société. Pour Marx, la science apportait la certitude. Aujourd’hui, nous savons que les sciences apportent des certitudes locales mais que les théories sont scientifiques dans la mesure où elles sont réfutables, c’est-à-dire non certaines. Et, sur les questions fondamentales, la connaissance scientifique débouche sur d’insondables incertitudes. Pour Marx, la certitude scientifique éliminait l’interrogation philosophique. Aujourd’hui, nous voyons que toutes les avancées des sciences raniment les questions philosophiques fondamentales. Marx croyait que la matière était la réalité première de l’univers. Aujourd’hui, la matière apparaît comme un des aspects d’une réalité physique polymorphe apparaissant comme énergie, matière, organisation.
Pour Marx, le monde était déterministe et il crut dégager des lois du devenir. Aujourd’hui, nous savons que les mondes physique, biologique, humain évoluent, chacun à leur manière, selon des dialectiques d’ordre, désordre, organisation, comportant aléas et bifurcation, et toutes menacées à terme par la destruction. Les idées d’autonomie et de liberté étaient inconcevables dans cette conception déterministe. Aujourd’hui, nous pouvons concevoir de façon scientifique l’auto-organisation et l’autoproduction, et nous pouvons comprendre que l’individu comme la société humaine sont des machines non triviales, capables d’actes inattendus et créateurs.

Litanies et pragmatisme
La conception marxienne de l’homme était unidimensionnelle et pauvre : ni l’imaginaire ni le mythe ne faisaient partie de la réalité humaine profonde : l’être humain était un Homo faber, sans intériorité, sans complexités, un producteur prométhéen voué à renverser les dieux et maîtriser l’univers. Alors que, comme l’avaient vu Montaigne, Pascal, Shakespeare, homo est sapiens demens, être complexe, multiple, portant en lui un cosmos de rêves et de fantasmes.
La conception marxienne de la société privilégiait les forces de production matérielles ; la clé du pouvoir sur la société était dans l’appropriation des forces de production ; les idées et idéologies, dont l’idée de Nation, n’étaient que de simples et illusoires super-structures ; l’État n’était qu’un instrument aux mains de la classe dominante ; la réalité sociale était dans le pouvoir de classes et la lutte des classes ; le mot de capitalisme suffisait pour rendre compte de nos sociétés en fait multidimensionnelles. Or, aujourd’hui, comment ne pas voir qu’il y a un problème spécifique du pouvoir d’État, une réalité sociomythologique formidable dans la nation, une réalité propre des idées ? Comment ne pas voir les caractères complexes et multidimensionnels de la réalité anthroposociale ?
Marx croyait en la rationalité profonde de l’histoire ; il croyait le progrès scientifiquement assuré, il était certain de la mission historique du prolétariat pour créer une société sans classes et un monde fraternel. Aujourd’hui, nous savons que l’histoire ne progresse pas de façon frontale mais par déviances, se fortifiant et devenant tendances. Nous savons que le progrès n’est pas certain et que tout progrès gagné est fragile. Nous savons que la croyance dans la mission historique du prolétariat est non scientifique mais messianique : c’est la transposition sur nos vies terrestres du salut judéo-chrétien promis pour le ciel après la mort. Cette illusion a sans doute été la plus tragique et la plus dévastatrice de toutes.

La suite sur le site de Témoignage Chrétien

03.06.2007

Camarade et fier de l'être

Ce témoignage, paru sur le blog de Désirs d´Avenir Les Ulis (pour y accéder,cliquer ici), dû à notre camarade Marc Victor, reflète ce que je pense, ce que des millions d´entre nous pensent. Cette contribution est dédiée à tous ceux qui sont tentés par l´aventure du MODEM, à ceux de nos ex-camarades entrés au gouvernement ou qui s´apprêtent à le faire., et surout à tous ceux qui se sentent découragés aujourd´hui)

Il y a, et c’est normal, quelques états d’âmes au sein du parti socialiste après la présidentielle.

Serait il désuet d’être socialiste, dans une société ou seule compte la performance individuelle, toute notion d’organisation collective et de solidarité devrait elle être bannie ?

Devrions nous rester sourd à la misère humaine parce que pour beaucoup d’entre nous, la société capitaliste apporte malgré tout un certain confort de vie ?

Sans parler de ceux qui brassent des millions et qui n’auront jamais de soucis autres que métaphysiques dans la vie, il faut bien reconnaître que la lutte des classes n’a guère de sens dans une société où par exemple un salarié de grande entreprise possède par le biais de la participation des parts de son entreprise, dans une société où celui qui a acheté un bien immobilier il y a vingt ans se retrouve en possession d’un bien qu’il ne pourrait plus acheter aujourd’hui tant la spéculation sur l’immobilier est forte, mais qui du coup a l’impression d’être un privilégié. On nous fait croire que nous sommes tous des privilégiés, d’être en CDI et pas en CDD, d’être en CDD et pas au chômage, bref, par ce ressort on cloisonne, on exclu, on individualise les problèmes. Si vous êtes chômeur, c’est que soit vous êtes incompétent, soit fainéant, soit que vous le voulez bien. Si vous êtes travailleur précaire, sachez donc vous contenter de ce travail qu’on condescend à donner à l’incapable que vous êtes, mesurez votre chance. Si vous êtes en CDI, sachez donc apprécier ce privilège et regardez donc ceux qui attendent dehors, le regard envieux d’être à votre place. Vous avez créé une PME, vous en bavez pour assurer votre chiffre d’affaire, garder une dimension humaine quand on vous pressure pour produire moins cher et innover pour des groupes pachydermiques qui ne savent plus créer que des business plan et du slideware sous PowerPoint afin de rémunérer les actionnaires et les banquiers du nième LBO ? Soyez heureux, vos angoisses et vos sueurs profitent aux Suard et autres Tchuruk. Tous des privilégiés vous dis je.

Vous faites partie de la grande famille des privilégiés, les retraites chapeau, les rémunérations à millions sont celles des plus méritants d’entre nous, une société se doit de récompenser les meilleurs, dont vous faite bien entendu parti, d’ailleurs, quelle différence entre la soie et l’acrylique, entre les œufs de lumpe et le caviar ?
Et puis, c’est scientifique, en jouant au loto, vous avez une chance d’avoir une magnifique retraite chapeau…
Chacun a sa chance, il suffit de se donner de la peine.

Pierre Bourdieu n’a écrit que des bêtises, par exemple, dans « les Héritiers » :
« Si l’école aime à proclamer sa fonction d’instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer et donc dans une certaine mesure, de perpétuer les inégalités de chance devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu’elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérite ou en « dons » personnels. »
Et puis ne doutez pas, vous êtes, nous sommes les meilleurs, venez donc éructer dans les stades pour soutenir Marseille ou le PSG, dans une compétition saine, ou devant la télé pour développer votre muscle Kronembourg dans l’esprit du sport, enfin un endroit où l’argent n’est pas roi…Mais Dieu. Fini l’Olympe vive Ploutos.

Bref, la gauche c’est dépassé, la misérable morale judéo-chrétienne aussi.

J’ai rencontré Gilbert aujourd’hui, il m’a dit « bonjour camarade ». C’est has been Gilbert, on est complètement has been. Pourtant c’est con, j’ai bien aimé que tu me dises « bonjour Camarade », parce que derrière ce salut amical, il y a notre histoire, l’histoire du mouvement social, un clin d’oeil à nos anciens qui se sont battus pour que les enfants ne travaillent plus à la mine, pour se reposer le dimanche, pour avoir des conditions de travail simplement décentes, pour arracher la première semaine de congés payés en 1936, pour permettre aux femmes de voter. Etre socialiste, c’est refuser l’obscurantisme, c’est une continuité du siècle des lumières et de la révolution Française, c’est l’abolition des privilèges et cette merveilleuse idée que les hommes naissent libres et égaux en droit.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est pour moi le fondement du socialisme et de la république :

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que leurs actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.
En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.
Art. 1er. -
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Art. 2. -
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Art. 3. -
Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Art. 4. -
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Art. 5. -
La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Art. 6. -
La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Art. 7. -
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Art. 8. -
La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Art. 9. -
Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Art. 10. -
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.
Art. 11. -
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Art. 12. -
La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Art. 13. -
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Art. 14. -
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Art. 15. -
La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Art. 16. -
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.
Art. 17. -
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Relisez bien tous ces articles, vous constaterez avec stupeur que le gouvernement actuel est en marche pour les bafouer.

Le 21 Novembre 1893 Jean Jaurès prononce à l’assemblée un discours que je trouve brûlant d’actualité :
M. Jaurès: Vous avez fait la République, et c’est votre honneur; vous l’avez faite inattaquable, vous l’avez faite indestructible, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et l’ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction.

Monsieur Goblet : - Très bien !'

M. Jaurès: Dans l’ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé; dans l’ordre économique la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies et entre parenthèses, monsieur le président du Conseil, il ne suffisait pas de dire à la Chambre ce qu elle sait amplement sans vous, que la question de la Banque de France se posera devant elle; il fallait lui dire de quelle façon le gouvernement entendait qu’elle fût résolue (Applaudissements à l’extrémité gauche et à l’extrémité droite de la salle)
Oui par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres; mais au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique il est dans 1’ordre économique, réduit à une sorte de servage.
Oui ! Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier. Son. travail n’est plus qu'une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré…
Il est la proie de tous les hasards de toutes les servitudes et, à tout moment ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue.
Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République. politique doit aboutir à la République sociale, c'est parce qu'il veut que la République soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici, c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique pour briser les, privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. …
Et puis, vous avez fait des lois d'instruction. Dés lors, comment voulez-vous qu’à l'émancipation politique ne vienne pas s'ajouter, pour les, travailleurs, l'émancipation sociale. quand vous avez décrété et préparé vous-mêmes leur émancipation intellectuelle? Car vous n'avez pas voulu seulement que l'instruction fût universelle et obligatoire; vous, avez voulu aussi qu'elle fût laïque, et vous avez bien fait. …


Primo Levi disait ceci « quiconque ignore son passé est condamné à le revivre »
Nous autre socialistes, avons un devoir de mémoire, face à la nuit qui revient, plus raffinée et perverse, plus manipulatrice.
Le progrès économique et social doit être partagé, l’émancipation de l’homme vis-à-vis du travail vivrier est loin d’être terminée, d’autres problèmes, notamment écologiques, se posent gravement à cause du productivisme insensé et de l’absence d’un contre pouvoir citoyen à la frénésie financière.

Socialistes, nous refusons le fatalisme.
Socialistes, nous croyons à la liberté et à l’émancipation de l’homme, nous refusons l’oppression et la barbarie des systèmes totalitaires.
Socialistes, nous croyons que le progrès scientifique est un outil formidable pour nous dégager des contraintes vivrières et permettre à tout homme sur cette planète de vivre décemment.
C’est notre honneur et notre devoir de douter, notre rôle d’être un laboratoire d’idée, de comprendre les mutations sociales, de nous moderniser, mais sans renier nos valeurs universelles.
Alors, je suis heureux et fier d’être de la famille socialiste, celle de Jaurès, de Mendès France,
celle de tous mes camarades.

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade
Pour qu'il revive à jamais
Se marient cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai


Jean Ferrat


Marc Victor, militant socialiste

Toutes les notes