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24.05.2007

LA STRATEGIE DE LA DETTE, ou comment la droite organise le retrait de l'Etat

Selon le projet de loi de finances pour 2007, la gestion de la dette publique représente cette année une dépense de 39,2 milliards soit 15 % des dépenses du budget de l'Etat contre 10 % en 1990.

Le rapport commandé par Thierry Breton à Michel Pébereau, président d'une commission rassemblant des économistes de tous horizons, de droite et de gauche, a établi un constat qui fait l'unanimité et affirmé la nécessité de " Rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale" (pour lire ce rapport: http://www.amipublic.com/rapportdette.pdf).

En effet, dans un pays comme la France, la charge d'intérêts de la dette versés chaque année aux rentiers et aux intermédiaires financiers représente l'équivalent du budget de l'Education nationale (Thomas Piketty). Aussi le rapport Pébereau affirme-t-il que " remettre en ordre nos finances publiques en maîtrisant nos dépenses et en les orientant mieux doit donc être notre objectif pour les 5 prochaines années."

Ségolène Royal, consciente de la nécessité de réduire le poids de la dette, qui fait qu'une part croissante des impôts des Français sert à payer les intérêts et à rembourser les dépenses passées, en avait fait un objectif dès le discours de Villepinte de février 2007. Le choix de la gauche est bien de préparer l'avenir, par la recherche, l'éducation, l'excellence environnementale, tout en poursuivant la réduction de la dette .

Sarkozy, alors candidat, filait au contraire le thème d'une gauche incompétente en matière d'économie et seulement capable de creuser les déficits par l'augmentation inconsidére des dépenses... Rappelons seulement que le passage de Sarkozy au ministère du budget sous le gouvernement Balladur fut la période, au cours des vingt dernières années, pendant laquelle la dette publique connut sa progression la plus rapide: entre 1993 et 1995 la dette a augmenté de 121 milliards d'euros.

Et que fait aujourd'hui la droite au pouvoir, qui prétendait hier s'attaquer au problème de la dette ? Eric Woerth, le nouveau ministre du budget, vient d'annoncer " une pause dans la baisse des déficits". Les multiples cadeaux fiscaux correspondant à cette pause - déduction des intérêts d'emprunt pour l'achat de la résidence principale, suppression des droits de succession...- sont autant de dépenses qui devront être financées. Or le Gouvernement ne peut avoir aucune assurance sur les gains qu'il entend tirer des "gains de productivité dans la dépense publique".

Ce qui réapparaît aujourd'hui, c'est donc bien la stratégie de la dette. Comme l'explique Thomas Piketty, " à une époque où les dépenses publiques ont atteint ou dépassé 40 %-50 % du PIB dans la plupart des pays, l'endettement public est devenu une stratégie visant à réduire le poids de l'Etat, et non plus à l'accroître. Hier, on creusait les déficits en augmentant les dépenses. Aujourd'hui, on les creuse en réduisant les impôts, de façon à contraindre les gouvernements futurs à sabrer dans les dépenses."

"Cette nouvelle stratégie a été inaugurée en fanfare par Reagan dans les années 80, et elle se poursuit actuellement sous Bush. Au cours des années 90, les démocrates avaient accumulé des excédents budgétaires afin de garantir le financement à long terme du système public de retraites. Ces excédents sont aujourd'hui dilapidés par les républicains, qui, en abaissant massivement les impôts (essentiellement pour les plus fortunés) et en creusant les déficits, espèrent remettre en cause la viabilité du maigre welfare state américain ."
La droite française applique aujourd'hui la stratégie américaine, pour "libérer" les forces du marché, en remettant en cause les politiques qui apportent une sécurité minimale aux plus faibles, mais en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches... On ne saurait pourtant préparer l'avenir en construisant une économie de la rente.


SOLON
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http://democratie-segolene.blogspot.com/

Le Travail privé d'Emploi

EDITO DE Sylvia Di Pasquale (c) Cadremploi.fr - 21 mai 2007

Dire qu'on s'imaginait que travail et emploi signifiaient à peu près la même chose. Que nenni. On sait depuis vendredi matin, 9h45, que les deux mots se connaissent à peine. D'ailleurs, ils n'habitent même pas ensemble. L'Emploi s'est installé à Bercy, alors que le Travail a posé ses valises à l'autre bout de Paris, rue de Grenelle.

Jusqu'à leurs tuteurs qui ne se ressemblent guère. L'Emploi est dans l'escarcelle du trublion frisé Jean-Louis Borloo, et le Travail dans celle du plus sage (en apparence) Xavier Bertrand. Une situation qui crée comme un trouble chez les professionnels concernés. Et en premier lieu les partenaires sociaux. Les syndicats se demandent qui sera leur interlocuteur. D'autant qu'un troisième ministère, en charge des comptes publics, est aux mains d'Eric Woerth. Comme nos syndicats de salariés sont plutôt très concernés par tout ce qui touche au public, les voilà un poil décontenancés.

Et si ce redéploiement du boulot façon puzzle aux quatre coins de Paris était une manOEuvre subtile ? On imagine François Chérèque, Jean-Claude Mailly et Laurence Parisot (tous ensemble, tous ensemble) errant dans les rues de la capitale, plan en main, à la recherche de la table de négociations. Lorsque, essoufflés, ils sonnent enfin à la porte du paquebot de Bercy, un Borloo plutôt chiffon pourra parfaitement leur répondre qu'ils se sont trompés d'adresse. Un Xavier Bertrand, coiffé de frais, peut leur tenir la même réponse. Un jeu de piste qui laissera tout le temps aux ministres effectivement concernés de s'attaquer au Rubik's Cube que leur a posé le nouveau président de la République : mettre en place sans heurts et dans un délai ultra court la réduction du chômage à 5%, le service minimum dans les transports publics, le contrat de travail unique, la flexisécurité, la fin des régimes spéciaux de retraite, l'interdiction des golden parachutes, le maintien des 35 heures (comme durée minimum), la détaxation des heures sup et une meilleure qualité à la cantoche de midi.

On plaisante, évidemment. Car chacun sait que les partenaires sociaux ont d'excellents GPS dans leurs voitures de fonction. Quand même, cette nouvelle répartition des périmètres d'actions, et du travail en l'occurrence, entre différents ministères pose question quant à la feuille de route du nouveau gouvernement. Installer l'Emploi à Bercy est une manière de signifier que c'est un enjeu avant tout économique. Mais que la part de << social >> qu'il inclut n'est pas dépendante des orientations qui sont prises. Une logique qui contraint de confier le Travail à un autre ministère. Un peu comme si la DRH d'une entreprise était transférée à la direction financière, sans sa partie relations sociales. On peut approuver, ou pas.

20.05.2007

Hommage de Bernard-Henry Lévy à Ségolène ROYAL

Au risque de surprendre, je pense que Ségolène Royal a fait une bonne campagne.
Elle a perdu, c’est entendu.
Et perdu plus lourdement que ne le donnaient à penser, ces derniers mois, les prévisions.
Mais elle a perdu pour des raisons que l’on commence à bien cerner et dont je prétends, moi, qu’elles sont à son honneur.

Elle a été diabolisée, d’abord. On a beaucoup parlé - et on avait raison - de la tentative de diabolisation dont fut victime son adversaire. Mais autrement plus insidieuse, donc plus ruineuse, fut la diabolisation qui l’a poursuivie, elle, depuis ses premiers pas.

Incompétente quand elle la fermait ; agressive quand elle l’ouvrait... N’ayant rien à dire quand elle prenait le temps d’écouter ses électeurs ; scandaleuse quand elle rompait le silence (les 35 heures) ou brisait les orthodoxies (ses prises de position, si courageuses, sur le nucléaire iranien ou le Darfour)... Bécassine, enfin, avant son débat avec Sarkozy ;

Cruella après et, surtout, pendant - quand elle a commis le crime de lèse-future majesté de l’interrompre, interpeller, ne rien laisser passer, le mettre dans les cordes... Ce n’est plus une femme, gronda la rumeur, c’est une sorcière. Ce n’était plus la douce, la maternelle Ségolène, c’était un bretteur, une tueuse - voyez ces yeux minces où passent des épées de feu ; entendez cette voix de mauvaise sirène, une octave trop haut, si dure...

Ah, l’increvable misogynie des Français et souvent, malheureusement, des Françaises ! J’ai aimé, moi, cette dernière image dans ce dernier débat. J’ai aimé la stature qu’elle a prise à cet instant - et la belle droiture qui émanait de son regard et de son port. Elle honorait la gauche, cette droiture. Et elle honorait la France.

Elle a livré bataille, deuxièmement, à un moment d’inflexion, mais encore, hélas, de suspens, où il devenait clair que la vieille stratégie d’union des gauches n’avait plus de chance de l’emporter, mais où la nouvelle stratégie d’alliance avec le centre restait trop insolite, inédite, bref, révolutionnaire , pour passer le cap des hypothèses et retourner, réellement, les esprits.

Mme Royal a dit les mots qu’il fallait dire.
Elle a fait les gestes qu’il fallait faire. Peut-être, d’ailleurs, le grand débat de la campagne, celui qui restera, celui qui fit bouger les lignes en même temps que, au passage, les liturgies cathodiques, fut-il ce débat avec Bayrou dont elle a pris l’initiative et qui ouvrait, on le verra maintenant très vite, un vrai nouveau chapitre de l’histoire politique française.

Mais voilà... Il était trop tôt... On a dit, ici ou là, qu’il était trop tard, que c’est avant qu’il fallait le dire, avant qu’il fallait le faire, etc. Non, voyons. Le contraire. Il était trop tôt dans le siècle. Trop tôt dans l’histoire du pays. Sauf que c’est elle, Mme Royal, qui, trop tôt ou trop tard, l’aura fait. Sauf que, ce big bang rêvé par les uns, annoncé par les autres, c’est elle, et personne d’autre, qui l’aura osé et déclenché. Pour cela, elle restera.

Pour cela, même si elle a perdu, elle a gagné.
Et puis il faut bien reconnaître, enfin, que Nicolas Sarkozy a été bon. Vraiment bon. Je veux dire par là qu’il a su surfer, avec un mélange de talent et de cynisme non moins remarquables l’un que l’autre, sur une vague de fond dont il semble que tout le monde ait, à part lui, sous-estimé la terrible puissance.

Qui, parmi les commentateurs, avait prévu que l’éloge d’une France qui n’a jamais commis - sic - de crime contre l’humanité puisse faire recette à ce point, douze ans après les paroles de Jacques Chirac reconnaissant, au Vél’ d’Hiv, notre participation au crime nazi ?

Qui imaginait de tels hurlements de joie et, au fond, de soulagement chaque fois que fut dit et redit, de meeting en meeting, que la France ex-coloniale n’était coupable de rien, qu’elle n’était en dette vis-à-vis de personne et qu’elle devait être fière, au contraire, de son oeuvre civilisatrice ?

Qui, encore, pouvait deviner que le traumatisme de Mai 68 fût resté si vif dans les esprits que l’appel répété à « liquider » - quel mot ! - l’héritage du « parti des voyous et des casseurs » puisse faire jaillir, lui aussi, de tels geysers de fiel, de joie triste et de ressentiment ?

Mme Royal a résisté à ce discours. Fidèle à la ligne tenue, sur ces sujets, peu ou prou, par nos deux derniers présidents, elle a tenté d’endiguer ce flot de haine et de rancune. Et, de cela aussi, je lui sais gré.
Je ne parle pas - car seul le mauvais esprit gaulois en a douté - du sang-froid dont elle a fait montre, d’un bout à l’autre de l’aventure.

Je n’insiste pas - encore que le fait fût unique dans notre histoire électorale - sur la double bataille qu’il lui a fallu mener : l’une, publique, contre son adversaire ; l’autre, secrète, contre les siens.
Et je n’évoque que pour mémoire, enfin, le ton et, comme dit un poète qu’elle affectionne, le « frisson nouveau » qu’elle a fait passer dans cette vieille musique socialiste qui n’en finissait pas de mourir et qui n’attendait, peut-être, que ce salutaire coup de grâce.

Tout cela, elle l’a fait. Et il faut espérer que s’en souviennent ceux qui, à partir de ce lundi matin, vont être tentés de se livrer au petit jeu de la chasse à la sorcière ou de la production de la chèvre émissaire.
Ségolène Royal est loin d’avoir dit son dernier mot - et c’est tant mieux
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19.05.2007

Coup d'Etat Permanent 2, Hollande et déprime

Une VIe république est née. Le nouvel élu vient de réussir l’exploit de réviser sans le dire la constitution de la Ve république, une affaire menée en deux jours sous les applaudissements d’une presse qui juge que rien n’est plus moderne pour un chef de l’Etat que de s’afficher en culottes courtes au bois de Boulogne.

Soit.

Nous y sommes donc. Un régime présidentiel à l'américaine sans "check and balance" vient d'être instauré silencieusement en France. Qu'on en juge. Un président omnipotent. Un Premier ministre ravalé au rang de directeur de cabinet. Des ministres dépendants directement des conseillers de l’Elysée en charge de leur dossier. Des directeurs de cabinet choisis par l’Elysée. Et demain, plus de 400 députés UMP à l’Assemblée Nationale, un Sénat de droite, un Conseil Constitutionnel de droite, un CSA de droite, au total une confiscation sans précédent de tous les pouvoirs de la république au profit d’un clan, d’une bande, d’une faction qui veut tout, qui prend tout, qui écrase tout, qui brise tout et qui va mener ce pays à la déchéance morale.

Je ne suis pas sorti de ma retraite pour assister benoîtement à ce spectacle là. Je l’avais dit, les institutions de la Ve république sont dangereuses, elles l’ont toujours été, elles le seront toujours. L’élu du 6 mai s’est octroyé des pouvoirs qui, aux yeux du monde, condamneraient Bush et Poutine à entrer dans l’histoire aux côtés de Peron et de quelques autres guère plus recommandables. Combattre ce personnage, son régime, sa clique, ses pompes, ses télévisions est une nécessité républicaine absolue, ceux qui caressent le doux rêve de créer une sorte de PSU social-démocrate à l’usage des années 2000 se trompent de priorité.

La suite sur le blog de Francois Mitterrand

15.05.2007

Programme du Parti Socialiste pour les élections législatives des 10 &17 juin 2007

FACE À LA DROITE, DES RÉPONSES DE GAUCHE

Vous avez été 17 millions à voter pour Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle pour manifester un réel désir de changement et une volonté de défendre notre modèle social. La victoire n’a pas été au rendez-vous. Et une nouvelle étape s’ouvre avec les élections législatives des 10 & 17 juin prochains. L’enjeu est décisif pour toutes celles et tous ceux qui veulent une France forte et juste.

Nicolas Sarkozy affiche des intentions inquiétantes. Le discours de la compassion remplace la solidarité concrète, la reconnaissance du mérite est au seul bénéfice des plus favorisés et le style personnel du nouveau pouvoir révèlent une complaisance avouée vis-à-vis de l’argent. Les choix économiques et fiscaux du nouveau gouvernement aggraveront inévitablement les inégalités ; quant aux suspicions à l’égard de certaines populations et de certains quartiers, elles accroîtront inéluctablement les divisions du pays.

Les socialistes ont entendu votre message dans la campagne présidentielle. Vous nous demandez de défendre des valeurs, celles de la République, et d’apporter des réponses concrètes à vos préoccupations : l ‘emploi, le pouvoir d’achat, le travail, le respect des droits et des devoirs, la sécurité.

Lire la suite

12.05.2007

Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de Ségolène Royal

Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.

Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.

Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.

Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.
Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.
Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.
Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.

Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.

Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.

Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement.

Les autres interventions sur : http://discours.parti-socialiste.fr/

10.05.2007

Contrairement aux déclarations de M. Sarkozy, Bolloré aurait-il travaillé avec l'Etat, et le Ministre de l'Intérieur?

Le Monde du 9 mai

"Cela fait vingt ans qu'il m'invite et vingt ans que je refuse. Vincent Bolloré est un des grands industriels français, il n'a jamais travaillé avec l'Etat, il fait honneur à l'économie française", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Alors, cela voudrait-il dire que l'annonce suivante n'a pas de relations avec la famille Bolloré?

Annonce N°357, publiée le 15/01/2007 dans le BOAMP 003 C, dépt. 38
Avis d attribution de l'annonce N°78, publiée le 22/02/2006


Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur : ministère intérieur et aménagement.

Correspondant : préfet délégué pour la sécurité et la défense, 20, rue de l'Espérance, B.P. 3331, 69405 Lyon Cedex 03, tél. : 04-37-91-30-00, télécopieur : 04-37-91-30-06.

Référence de la publication au B.O.A.M.P. :
Parution n° 37 A, annonce n° 78 du 22 février 2006.

Objet du marché : mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble (38).

Type de marché de travaux : exécution.

Type de procédure : appel d'offres ouvert.

Nom du titulaire/organisme : BOLLORE S.A., parc d'activité du Ragon, 14, avenue Louis-Pasteur, 44119 Treillieres.

Montant (H.T.) : 342 329,00 EUR (H.T.)

Date d'attribution du marché : 11 décembre 2006.

Autres informations : avis rectificatif du 21/03/2006 bulletin 56 A n°71

Date d'envoi du présent avis à la publication : 19 décembre 2006.

Pour consulter l'annonce officielle, cliquer ici

07.05.2007

VU DE BULGARIE • La première bourde du président élu

Lors de son premier discours Nicolas Sarkozy n'a pas manqué d'évoquer le sort des infirmières bulgares emprisonnées à Tripoli, une cause qui lui semble chère depuis sa campagne pour la présidentielle. Sauf qu'il a parlé des "infirmières libyennes"... La presse bulgare s'interroge.

pour en savoir plus, sur Courrier International

La France de Suède vote Ségolène Royal

Les résultats pour la Suède

Votes exprimés: 1120

Royal: 665 (59.3%)
Sarkozy: 455 (40.6%).

Définitivement sociaux démocrates. Bravo la section du PS!

06.05.2007

De la déroute à la reconstruction

Nicolas Sarkozy a donc gagné, il est notre président pour 5 ans, et il a gagné largement, ce que personne n´aurait prévu il y a 6 mois, 12 mois, un an. Je suis adepte de la démocratie participative, et je vais ici donc m´exprimer et participer au débat qu´il est nécessaire que nous ayons.

Nicolalas Sarkozy est notre président, donc. Pour un francais de l´étranger, encore plus que pour un métropolitain, c´est un important symbole de notre pays, et, dans nos relations avec notre entourage, nous lui sommes plus ou moins identifiés: s´il est efficace, nous serons vus comme efficaces, s´il est prétentieux, cela confirmera que les francais sont pretentieux, etc... pour cela, et aussi parce que c´est l´intérët de notre pays, nous devons être certes vigilants, compte tenu des réserves qu´il inspire, mais aussi le soutenir quand il lancera des réformes auxquelles nous adhérons. Le PS, la gauche, devront l´encourager et l´appuyer quand il mettra en place la sécurité sociale professionnelle, quand il augmentera les effectifs de la police dans les quartier, notamment la police de proximité, quand il prendra en compte efficacement les personnes âgées ou qu´il améliorera la situation des personnes handicapées. Je suis las de l´opposition systématique du PS, il faut dire quand c´est bien, ce qui n´empëche pas la vigilance compte tenu à la fois d´une doctrine libérale un peu floue et des dérapages auxquels le personnage nous a habitués. mais il n´empêche que le sort de la France va dépendre de notre cohésion. Alors, l´opposition, cela ne veut pas toujours dire s´opposer, nous aurons bien assez d´occasions d´ëtre mécontents.

Au-delá, il faut tirer les lecons de cette defaite. Pourquoi a-t-elle été aussi cuisante? il y a à mon sens au moins deux raisons principales: le schéma mis en place depuis janvier et notre candidate, Ségolène Royal, les deux étant liés.

En effet, depuis les primaires socialistes, on a vu le retour du circuit traditionnel du PS. L´appareil s´est remis en mouvement, certes avec des gens qui étaient moins connus que les éléphants (Montebourg, Ayrault, Rebsamen), mais venant de l´appareil traditionnel du PS, alors que jusque-là nous étions dans un mélange créatif de jeunes (Thomas), d´altermondialistes (Sophie Bouchet-Petersen) et de personnalités un peu originales. Le tout aboutissait à des propositions qui changeaient les francais de la politique usuelle. Aprés janvier, la chute a été constante, et je ne peux pas m´empëcher de faire le lien. Et je reste persuadé que la demande des leaders du PS d´attaquer Sarkozy personnellement a accéléré cette chute, transformant Ségolène Royal en ce qu´elle n´est pas. Et puis la stratégie des meetings lourds et répétés du PS ne donnait pas une bonne image, une image de proximité, de différence: cela restait de la politique á l´ancienne, de même que les visites en entreprises pour soutenir les travailleurs en difficulté, qui ont fait les beaux jours des candidats classiques.

Cette analyse rejoint les plaintes des gens de Désirs d´avenir depuis janvier, auparavant au centre de la campagne, puis souvent mis de côté par le PS. L´enthousiasme n´y était plus.

L´autre élément est la candidate elle-même. Sarkozy a travaillé ses sujets et son programme pendant 5 ans. Le débat a montré à quel point il était bien préparé. Du côté de SR, on sentait une formidable volonté, un sens des valeurs sans équivalent chez son adversaire, mais aussi l´improvisation et l´approximation. On en a eu l´impression pendant le débat, et la confirmation le lendemain avec les erreurs sur deux sujets majeurs, l´énergie et l´intégration scolaire des jeunes handicapés. Sur l´emploi, sur les pays nordiques, comme je l´ai écrit sur ce blog, elle n´a pas vu les erreurs grossières de son adversaire, ce qui prouve qu´elle ne connaissait correctement aucun des deux sujets. C´est regrettable.

Là, je vais faire état de mon expérience personnelle: il n´y avait personne dans le 1er cercle de Ségolène Royal qui soit un spécialiste de l´emploi ou des pays nordiques, 2 thèmes majeurs de sa campagne, depuis plus d´un an!! La conseillére du 2ème cercle chargée de ces questions n´a pas vu Ségolène Royal plus d´une heure ou deux au total et ne l´a pratiquement pas accompagnée Le mode de travail a consisté en une noria de notes destinées à SR, à charge pour elle de décider de ce qu´elle dira. Et, á mon avis, ce que disaient ses proches conseillers (2 ou 3 personnes non qualifiées sur l´emploi), JL Bianco ou JM Ayrault, en voiture ou dans le train pour aller au meeting, comptait plus que les notes de spécialistes, fussent-elles brillantes. Une illustration de ce système est le malheureux contrat premiére chance, jamais discuté, jamais testé hors de ce cercle malheureux dans ses choix. Amateurisme éclairé et retour des traditions opaques et peu participatives du PS, comme diraient mes amis de cellule de Stockholm.

Allons faire un tour maintenant chez Nicolas Sarkozy, car j´y ai quelques copains. Le systéme était assez rôdé, hors de la lumiére des projecteurs qui éclairaient Doc Gynéco et Johnny Halliday. Si quelqu´un de la mouvance repérait une personne brillante sur un sujet, un expert, un spécialiste, il était dirigé sur le directeur de cabinet du candidat, Claude Guéant pour un entretien. Síl se révélait intéressant, il rencontrait Nicolas Sarkozy assez longuement, au besoin en l´accompagnant lors d´un déplacement. Et au lieu de travailler avec un entourage limité ou les caciques de l´UMP, Nicolas Sarkozy a utilisé un nombre relativement élevé d´experts et d´intellectuels, qu´il rencontrait assez réguliérement et longuement, et qu´il utilisait pour tester ses idées.

Il faudra en tirer les conséquences et se préparer efficacement dés maintenant, en évitant de limiter les réflexions à un groupe de happy few finalement peu compétents sur les sujets lourds de notre société.

Reste à savoir ce qu´il va falloir faire maintenant. Certains parlent d´un éclatement du PS pour séparer les sociaux démocrates des socialistes révolutionnaires. je vais soigneusement écouter ce soir, mais je crois sincèrement qu´on doit en finir avec le socialisme révolutionnaire, comme les nordiques, les allemands, les italiens et les espagnols l´ont fait avant nous. Nous devons clairement afficher que nous sommes sociaux démocrates. je sais que Ségolène Royal ne voulait pas afficher cette position pendant la campagne, mais le moment est aujourd´hui venu. dans le cas contraire, le PS va devenir la force d´appoint du Centre aux prochaines élections et se faire laminer comme le PC.

Et Ségoléne Royal est la mieux placée pour nous y conduire. Dominique Strauss Kahn ou Jcques Delors le seraient aussi, mais leur génération a passé sa chance. Ségoléne Royal a l´énergie, le sens de l´intérêt de la France, et la volonté pour nous y emmener. Si le PS ne se déchire pas, si les ambitions personnelles ne font pas éclater le PS, et enfin si elle sait tirer les lecons de l´echec.

Et Désirs d´avenir peut jouer un rôle majeur dans une nouvelle construction politiquepour que nous soyons une alternative crédible á la droite dans 5 ans.

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